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31 mars 2017 5 31 /03 /mars /2017 21:54
Demi-songe

Dans un feuillet de sable où niche du corail

Le souffle d’un soupir s’échappe d’une vague

Entourant de cristaux le chaton d’une bague

Dont l’éclat éclabousse un morceau de vitrail.

 

C’est le soleil levant aux portes du sérail

Qui verse de l’argent sur le fil d’une dague

Et perce le sommeil d’un homme qui divague

Entre des mots perdus au bord d’un soupirail.

 

Sur le marbre des toits des morceaux de mirage

Colorent l’aube impure aux reflets d’un vitrage

Maculé par la pluie et ses graines de sang.

 

Puis poussé par la soif un oiseau du feuillage

Vient picorer le jour sur le dossier d’un banc

Enchanté de frémir à cet enfantillage.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2017@Shortédition

 

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30 mars 2017 4 30 /03 /mars /2017 21:44
Genèse

A la vapeur de souffre échappant d’une étoile

Une main puise l’or dans un sac de coton

Et sème la lumière à grand coups de bâton

Sur l’ardoise d’un ciel tendu comme une toile.

 

Des débris de cristal abrités sous un poile

Couvent l’éternité derrière le fronton

D’une bâtisse en flamme où s’éveille un triton

Au cœur d’un souterrain obstrué par un voile.

 

Face au vent de la nuit se dresse l’infini

Dont la noire dentelle orne le corps bruni

D’un astre consumé par un ruisseau de braise.

 

Or déjà le matin se glisse entre les draps

D’un tisserand de mots qui remplit de crachats

Tous les trous de l’azur au bord de la fournaise.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2017@Shortédition

 

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28 mars 2017 2 28 /03 /mars /2017 20:54
Impuissance des heures

Dans ce rêve ancien où grouillent des miroirs

Des dentelles de laine et des vases de neige,

Des fleurs en sucre d’orge errent sur un manège

Dont les chevaux de bois s’échappent des tiroirs.

 

Les cuirs d’Andalousie aux griffes des gaufroirs

Ravissent les enfants par un long florilège

De mots bariolés au hasard d’un arpège

Qui roule le silence aux portes des mouroirs.

 

Des tombereaux de sel tournent autour de l’aube

Egrenant du cristal que le soleil enrobe

D’un caramel de feu parfumé par la mer.

 

Puis en puisant de l’eau dans un bassin d’albâtre

Les anges immortels au regard de mulâtre

Brouillent les boniments d’un souvenir amer.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2017@Shortédition

 

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26 mars 2017 7 26 /03 /mars /2017 22:13
Paroles de luthier

Qui pousse le soleil sous le marbre fragile

D’un mausolée antique à la couleur de sang

Où la terre a fondu les rides d’un étang

Dans un gobelet d’or ciselé par l’argile ?

 

Est-ce un nonce papal échappé d’un concile

Qui déchire du chanvre et broie à son écang

Le linceul de la nuit au bec d'un pélican

Travesti sans pudeur en peau de crocodile ?

 

Sur la couche de l’aube aux lèvres de béryl

Quelle ombre se faufile entre les bras du Nil

En tétant dans le ciel de la pulpe d’étoile ?

 

Que vous importe-t-il que mes mots de papier

Soulèvent sous le sable une frange du voile

Puisque vous les toisez à l’aune du drapier ?

 

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2017@Shortédition

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25 mars 2017 6 25 /03 /mars /2017 21:57
Le vent

Il frôle de son doigt un cèdre du Liban

Où s’endort le soleil épuisé par l’orage

Que des ailes de soie emportent avec rage

Vers l’horizon cousu sur un bout de ruban.

 

Sa mèche de lumière entoure d’un turban

Les cyprès essoufflés dont le sombre cirage

Décolore le temps perdu dans un naufrage

Comme un éclat de voix que l’on mettrait au ban.

 

Sous sa peau de silex un parfum de vanille

Egratigne les mots d’un sucre de myrtille

Jaillissant de sa bouche aux lèvres de satin.

 

Puis il fond dans le ciel pareil à ce danseur

Qu’il habille du miel mêlé dès le matin

A de la poudre d’or sous les pas du valseur.

 

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2017@Shortédition

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19 mars 2017 7 19 /03 /mars /2017 21:47
Pierre de sang

 

Des pétales de bruit gouttent dans le silence

Comme les fruits d’un temps qui mûrirait en vain

Sous un rayon de lune entouré d’un ravin

Où croupissent des mots en pleine purulence.

 

Au bout d’un souvenir traversé d’une lance

Le visage d’un homme au sourire divin

Glisse sous le doigt nu d’un turgide écrivain

Masqué par un velours d’une extrême brillance.

 

Caramélisant l’or qui recouvre les toits

Le vent porte le soir au-delà des détroits

Dont les rives en flamme éclaboussent un astre.

 

Par bribes de parfum un dernier souffle d’air

S’éloigne de la vie en creusant dans la chair

Un chemin de souffrance effacé du cadastre.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2017@Shortédition

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11 février 2017 6 11 /02 /février /2017 22:10
Sarbacane de songes

Sous des bris de soleil la natte d’un ruisseau

Pétrit sous sa dentelle un brasero de paille

Qu’une main de cristal tisse sur la rocaille

Comme un fil de lavande échappé d’un boisseau.

 

Les voiles de damas d’un merveilleux vaisseau

Froissent l’air de la mer que la chaleur écaille

D’un bruissement d’or et d’un souffle en broussaille

Dont l’écume éclabousse une brindille d’eau.

 

Sous l’horizon de jade un flot de mousseline

Effleure le brouillard d’une bouche câline

Et sème sur le sable une fleur de coton.

 

Emaillé par le vent le regard se faufile

Entre les mots perdus et le temps immobile

Suspendu pour toujours au mât d’un clocheton.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2017@Shortédition

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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 21:32
Silence en céramique

 

Au poivre des chagrins l’ambre de la tristesse

Enivre le regard d’un rêve de miroir

Où se reflète en vain le souffle d’un espoir

Vaguement replié dans un cri d’allégresse.

 

Des couleurs sans éclat comme un parfum d’ivresse

Mêlent à leur muscat la fibre d’un mouchoir

Refermé par plaisir sur le fil d’un rasoir

Qui tranche la chair nue avec tant de paresse.

 

C’est l’ombre d’un regret qui traverse le cœur

Et s’éteint en fumant sans la moindre rancœur

Sous la cendre de fer d’une bouche fermée.

 

Puis le temps engloutit l’encre et son encrier

Dérobant à la vie une âme parsemée

De souvenirs perdus au fond d’un sucrier.

 

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2017@Shortédition

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24 décembre 2016 6 24 /12 /décembre /2016 21:46
Larmes d'alcool

Un drap de solitude au chevet de la nuit

Grelotte dans le froid comme un linceul de rouille

Qu’une goutte de sang à son venin barbouille

D’une couleur fondue aux effluves d’un fruit.

 

Quelques miettes de sucre échappant d'un biscuit

Fourmillent sur le sol où la lune se souille

Dans une flaque d’eau qu’un nuage gribouille

D’une pointe d’argent et d’un geste fortuit.

 

Sous des masques de plâtre écaillés par la neige

Des lambeaux de silence enfument un manège

Dont les lambris dorés rabougrissent la mort.

 

Puis le vent ulcéré d’une forte bourrasque

Chasse l’éternité prisonnière d’un sort

Qui brûle l’univers dans le fond d’une vasque.

 

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016@Shortédition

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10 décembre 2016 6 10 /12 /décembre /2016 22:33
Baume de miel

Sur la grève assoupie au bord de la lagune

Un rayon d’argent pur maquille un arlequin

D’une poudre de ciel au goût de marasquin

Que des oiseaux de mer jettent sous la Fortune.

 

Les palais drapés d’or sous les doigts de la lune

Plissent leur chair de marbre autour d’un baldaquin

Dont le velours gaufré tombe d’un lambrequin

Suspendu dans la nuit comme une ombre de dune.

 

Le long des ponts laqués par le brouillard hanté

Les fantômes du temps d’un seul geste ganté

Tissent le purgatoire à chaque réverbère.

 

Alors Venise en vain  sombre dans la beauté

Comme une femme nue offrant sa cruauté

Aux désirs impuissants d’un eunuque berbère.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016@Shortédition

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9 décembre 2016 5 09 /12 /décembre /2016 21:44
Stèle de chair

Des gouttes de cristal suspendent le brouillard 

A des branches de sel que l’aube aux doigts de nacre

Touche de sa couleur sous l’or d’un ambulacre

Où se cache un enfant qui suit un corbillard.

 

Poudré par le soleil un curieux vieillard

Sème des grains de temps dont le long simulacre

Eblouit les passants en plein cœur d’un massacre

Comme le papillon joue à colin-maillard.  

 

La neige virevolte en flocons de dentelle

Et brise le silence d’une larme mortelle

Arrachée à la peur de périr sans raison.

 

Le sable se confond avec l’eau de la pluie

Et se mêle au parfum d’un abricot de suie

Dont la saveur se noie au bord de l’horizon.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016@Shortédition

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3 décembre 2016 6 03 /12 /décembre /2016 21:23
Antienne de soie rouge

Des voix d’anges en feu coulent de la muraille

Où se dessine un mot dont les lettres de sel

Blanchissent le silence à l’enclos d’un chancel

Rougi par des vitraux aux couleurs en broussaille.

 

Quelques fils de lumière ourlent sur la grisaille

Une toile de pluie aux pages d’un missel

Que l’écho d’une voûte accusé de recel

Répand sur les pavés comme de la ferraille.

 

Une mare de lune amarrée aux bougeoirs

Emplit l’argent bleuté de précieux drageoirs

Que des mains de saphir tendent vers l’empyrée.

 

Ce sont des éclats d’or et des bouts de cristal

Qui tintent dans la nuit dont l’arche soupirée

Recouvre l’oraison d’un voile de santal.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016@Shortédition

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27 novembre 2016 7 27 /11 /novembre /2016 20:49
Tintinnabulements d'étoiles

L’âme se trouble encore et le cœur se flétrit

Lorsque d’un dé d’argent surgit un flot d’argile

Sous le souffle brûlant d’un échanson agile

Que des fourches de vent griment d’un air contrit.

 

La langue ensorcelée à chaque mot flétrit

Comme une fleur de sang qu’une longue vigile

Eteint à chaque instant au cœur d’un évangile

Partagé par la nuit que le destin pétrit.

 

Une femme enchaînée aux larmes de la lune

Glisse entre les roseaux qui recouvrent la dune

D’un velours de soie blanche et d’un éclat de grès.

 

Puisant alors l’écume aux rives du mensonge

Le vaisseau de la mort jette tous ses agrès

Dans le lac d’un sommeil où se consume un songe.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016@Shortédition

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26 novembre 2016 6 26 /11 /novembre /2016 21:59
Follicules de sable

Une dentelle d’or cousue au bord du Tage

Flotte comme un parfum dont le puissant poison

Enivre le sommeil d’un rêve de toison

Et du cruel espoir d’un puissant héritage.

 

Des bribes de soleil viennent au sauvetage

Des quelques mandarins taxés de trahison

Pour avoir mélangé les couleurs de saison

Aux effluves d’un miel brouillé dans un breuvage.

 

Par-delà la raison des astres inconnus

Traversent le granit de ces épis grenus

Jetés dans les brasiers d’un éternel silence.

 

Le partage des mots qui recouvrent la peau

Se fait alors sans loi sous le dais d’un drapeau

Qu’une dame gantée évente avec prestance.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016@Shortédition

 

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16 novembre 2016 3 16 /11 /novembre /2016 22:05
Calligraphie du temps

La moire de la nuit couvre de son turban

Les mèches d’une lune à la beauté rougie

Par un rayon de miel qu’une lente bougie

Poudre de la douceur d’un bleuâtre oliban.

 

Le mystère du ciel déroule le ruban

D’une étoile effacée en un tour de magie

Par des êtres chassés de la mythologie

Hors des tiroirs secrets d’un antique scriban.

 

Des perles de colliers roulent sur la banquise

Comme des fleurs de sel en robe de marquise

Que le satin du jour embrase de couleurs.

 

Par touches de silence une larme de menthe

Coule enfin sur la mer que le soleil pigmente

D’une foule d’oiseaux et de mille voleurs.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016@Shortédition

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  • Lettres de soie rouge
  •  Ce blog a pour but d'exposer des pages de poésie, ornées de textes, d'images et de mélodies, pages écrites au fil des jours et, de rassembler des fragments de lumière comme à travers les cristaux d'un kaléidoscope. Il est ma première étude
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