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21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 22:16
Lamento

C’est un matin de soie aux ailes de sulfure

Un étang de dentelle ombré de serpentins

Dont les rubans brodés de gestes enfantins

Flottent autour des toits comme un trait de mercure.

 

C’est un clocher de marbre et le clos de sa cure

Le silence des cours où les bénédictins

Pressent du ciel un miel qui couvre leurs butins

D’une couleur de lune à la saveur de mûre.

 

Est-ce encore un soupir qui s’échappe du bois

Lorsqu’un souffle de vent touche un faon aux abois

Et chasse le bonheur dans le coin d’une cage ?

 

Est-ce la solitude ou la peur de la mort

Qui sème un peu de sable au bord du marécage

Ou simplement des mots tombés d’un coffre-fort ?

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2014

 

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19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 22:15
Velours d'âme

Dans ses encriers d’or l’Inde aux doigts de safran

Puise des mots écrus dont la soie écarlate

Scintille sous le vent comme un corps d’acrobate

Tissant un bout de rêve aux franges d’un bougran.

 

Des coupoles d’émail que lèche un cormoran

Coulent de fins parfums dont le poison appâte

Les regards alanguis d’un jeune aristocrate

Ebloui par le jour à l’orbe d’un cadran.

 

La brise évanescente avale la vallée

Et sème du soleil tout au long d’une allée

Dont les larmes de miel se fondent dans les fruits.

 

Les fontaines de marbre et les bassins de jade

Bruissent dans les cours près d’une palissade

Qui enchante l’esprit pour mille et une nuits.

 

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2014

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16 novembre 2014 7 16 /11 /novembre /2014 22:16
Triangle de fleurs fanées

Lâme est un souverain que l’or de la grisaille

Couvre de son métal comme un flot de corail

Envahissant la lune où derrière un vitrail

Le velours de la nuit se recouvre d’écaille.

 

En franchissant le temps et sa longue muraille

Des éclairs colorés d’une bouche d’émail

Traversent l’infini jusqu’au premier vantail

D’une porte de verre à la couleur de paille.

 

Des ombres de serpents pris dans des lacs de fer

Déroulent leur pâleur sur l’orbe de l’enfer

Et fuyant le danger dévorent leur image.

 

Or qui peut mépriser ces êtres de miroir

Dont les ongles noués à des trous de mouroirs

Enfoncent le silence aux lèvres de la page ?

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2014

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13 novembre 2014 4 13 /11 /novembre /2014 22:07
Margelle d'un puits de verre blanc

Au bout de cette image où brûle un serpentin

Des rivages de boue et des miroirs de glace

Sculptent de leur pouvoir le fronton d’un palace

Que des flammes de vent tirent d’un margotin.

 

Sous les cartes du jeu se cache un plaisantin

Mais personne ne veut puiser dans sa besace

Les trésors d’une nuit veuve de  carapace

Entre les bruits du bois et ceux d’un strapontin.

 

Les poches vident l’ombre avec des mains de sable

Et sèment sur la mer les éclats d’un retable

Qui dans la cathédrale illustre un don de dieu.

 

Et pourtant les missels prêchent une parole

Qui d’un revers de mot parfois mes lèvres frôle

Comme un enfant perdu qui me dirait adieu.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2014

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10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 22:13
Timbale de nougat

Des grappes de chansons au parfum de vanille

Fusent de l’horizon où se pose un bateau

Traversant le soleil dont le large écriteau

Annonce le retour d’une voile et sa quille.

 

Des reflets de savon jaillis d’une coquille

Poudrent le sable blanc d’un délicat manteau

Et fondent de l’argent sur le corps d’un tourteau

Qui cache son regard sous un bout de mantille.

 

Sur la palette d’or d’un ciel gorgé d’émail

Quelques oiseaux marins découpent du vitrail

Qu’ils collent aux meneaux d’une vielle chapelle.

 

Sur la grève pourtant le ressac d’un rouleau

Effrite la couleur d’une riche aquarelle

Dont l’écume se perd par le trou d’un daleau.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2014

 

 

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9 novembre 2014 7 09 /11 /novembre /2014 22:18
An der Mauer

Gravé sur les pavés couverts de pas perdus

Le destin recopie une page de livre

Comme un masque en velours brutalement délivre

Les rêves d’un sommeil que la nuit a fondus.

 

Ils poursuivent les cœurs par des malentendus

Ceux qui roulent les mots dans des feuilles de givre

En dérobant au ciel une langue de guivre

Dont les ongles souvent gardent les résidus.

 

Puis l’aube se dérobe aux prières du sage

Et fuit vers le matin porter dans un message

Le souvenir d’un temps sauvage et immortel.

 

 Or sous un drap de lin déchiré par la rouille

Un visage poupin dans un bain de pastel

Contemple le soleil inonder sa dépouille.

 

 Francis Etienne Sicard Lundquist ©2014 

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8 novembre 2014 6 08 /11 /novembre /2014 21:05
Estives et chagrins

 

Sous un bâton de craie un mot vient de renaître

Tel un arc de soleil sur la nuit d’un tableau

Qui couve son orgueil de voir l’arc d’un simbleau

Traverser sa chair noire et soudain disparaître.  

 

Une patte de chat soulève en main de maître

Un voile de couleurs d’où surgit un bouleau

Dont les racines d’or prises dans un rouleau

Effacent du silence une larme de traître.

 

Par flocons de dentelle un peu d’éternité

Poudre l’encre du cœur d’un brin de vérité

Puis se fond lentement dans le bruit d’une étoile.

 

Ainsi passe le temps le long de mon chemin

Presque comme le sang d’une fleur de jasmin

Qui pourtant fanera dans un morceau de toile.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2014

 

 

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7 novembre 2014 5 07 /11 /novembre /2014 21:43
Tantale fils de Zeus

Les êtres de la soif brûlent à leur douleur

Des prismes de silence oubliés dans leur âme

Par un sombre fantôme au cœur d’un mélodrame

Qui déchire le temps aux dés du bateleur.

 

Que leur importent l’or et les gens de valeur

La beauté d’un sonnet ou d’un épithalame

Lorsque mord le poison que leur bouche réclame

Comme une goutte d’eau dans les doigts d’un saleur ?     

 

Ils traversent le monde effacé par le rêve

D’un jour qui s’éteindrait  dans la paix d’une trêve

En accordant enfin à leur cœur du repos.

 

Mais dans leurs mains de sucre ils tendent une larme

Dont les ronces de sel creusent d’un reflet parme

Leur regard affaibli par leurs tristes propos.  

 

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2014

 

 

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5 novembre 2014 3 05 /11 /novembre /2014 21:48
Tambour de troubadour

Sous le dais du soleil une lune de paille

Brûle des bouts de vent et un cœur de carton

Que le jour en passant d’un appétit glouton

Dévore dans un plat fait d’or et de ferraille.

 

Plus loin sur le revers de la même médaille

C’est le dieu de la nuit qui file en phaéton

Au bras d’une beauté dont le charmant téton

Embrase le regard comme un feu de broussaille.

 

Un fou qui se maquille aux graines de pavot

Fouille dans le brouillard la cave d’un dévot

Dont le riche trésor cache une demoiselle.

 

Mais qui sont ces pantins aux visages de bois

Pour venir de si loin manger de la baselle

Dans un bassin de mots assombri par l’empois ?

 

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2014

 

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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 22:23
Les masques

Derrière leurs couleurs ils cachent un secret

Rougissant de plaisir devant un peu d’audace

Pour qui saurait toucher d’une lèvre fugace

Une bouche mutine au sourire indiscret.

 

Sous leurs ailes de soie une ombre de fleuret

Flotte comme un soupir devant un mur de glace

Et frôle le désir de faire une grimace

Pour enchanter le soir pris dans un minaret.

 

Parfois désemparés au fond d’une ruelle

Ils plissent leurs regards devant une écuelle

Dont ils poussent du pied l’émail nauséabond.

 

Puis s’évanouissant au bord d’une fontaine

Ils jettent leur mystère au premier vagabond

Qui brûle de souffrance aux maillons d’une chaîne.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2014

 

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2 novembre 2014 7 02 /11 /novembre /2014 22:03
Eponge à rêves

 

Derrière le soleil sous un visage d’ange

Se cache un bout de ciel entouré de lilas

Dont les fleurs de papier comme un bris de verglas

Parfument le sommeil d’un songe plus qu’étrange.

 

Des robes de velours aux écorces d’orange

Frôlent la vigne en fruit et ses longs échalas

Qui offrent aux passants l’or de ses chasselas

Suspendus aux regards dans un bruit de louange.

 

Un homme en habit blanc recueille le raisin

Dans un broc en émail sous les fleurs d’un fusain

Caressé par le flot d’une brise marine.

 

Puis le monde s’efface avec légèreté

Détachant chaque mot de son impureté

Car le rêve a sombré dans un bol de farine.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2014

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1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 23:12
Vagues sans fond

L’ambre coule des murs tapissés de bleu roi

Et verse son parfum sur les sofas d’agate

Où somnole l’été sous un ciel qui se gâte

A l’ombre d’une cour au pied du vieux beffroi.

 

Le long hennissement d’un jeune palefroi

Traverse le palais du riche aristocrate

Dont les nombreux joyaux d’immémoriale date

Scintillent dans le soir en répandant l’effroi.

 

Un souffle agite l’ombre où se tapit l’esclave

Qui tend à bout de bras un pourpre laticlave  

A son maître drapé dans un songe brutal.

 

Chaque étoile aussitôt referme sa serrure

Plongeant tout l’univers dans un bain de mercure

Dont le puissant pouvoir est un venin létal.

 

 Francis Etienne Sicard Lundquist ©2014 

 

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1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 00:11
Toise de lune

 

Dans la braise du jour qui bientôt va s’éteindre

Un lézard assoiffé par le coeur de la nuit

S’approche d’un marais d’où le soleil s’enfuit

Comme un fil de couleur pour qui saurait le peindre

 

Des racines de sable où le vent prêt à geindre

Creuse des ruches d’or dans la chair de son fruit

Ruissellent d’un ciel bas qui brusquement reluit

Dans un miroir d’acier que rien ne pourra teindre.

 

Des lianes de feu suspendent à leur cou

Des rivières de sel et serrent leur licou

Autour d’arbres mourants sous un souffle de haine.

 

Puis s’éloignant du port sur un royal vaisseau

Les derniers cris de peur déferlent par centaine

Et viennent se jeter dans le sang d’un ruisseau.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2014

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30 octobre 2014 4 30 /10 /octobre /2014 21:59
Autoportrait

La mémoire se fond dans le bruit du jardin

Comme les mots s’en vont au bout des quais de gare

Un jour couleur de sel quand dans le ciel s’égare

Le pas presque perdu d’un pauvre baladin.

 

Sous les feuilles d’automne un sourire anodin

Flétrit avec tristesse en plein milieu d’un square

Où de sombres pigeons qu’aucun danger n’effare

Picorent les fruits secs du monde citadin.

 

Quelques gouttes de pluie effacent l’amertume

Des couleurs reflétant sur un coin de bitume

Le cri loin et perçant d’un train qui disparaît.

 

Pourtant de vieux journaux froissent un lampadaire

Dont le monocle d’or impatient et distrait  

Observe la ruelle enfiler son suaire.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2014

 

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29 octobre 2014 3 29 /10 /octobre /2014 21:31
Tyrannie de l'ivoire

Une ombre se faufile au bord de la banquise

Creusant le ciel éteint d’un ongle de griffon

Sans toucher aux oiseaux dont le corps de chiffon

Immortalise l’aube en robe de marquise.

 

Des gerbes de satin foulent l’âme conquise

Par la beauté des mots qui dans un carafon

Prennent l’odeur du sel et le cœur d’un bouffon

Pour de riches émois dignes d’une surprise.

 

Sous les cascades d’or glissent des cygnes nus

Les uns couverts de neige et les autres grenus

Comme l’huile de lin ou le cuivre du sable.

 

Or sous les pas du feu la brume de l’étang

Tache  tous les sentiers d’une goutte de sang

Dont le puissant parfum devient intarissable.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2014

 

 

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  • Lettres de soie rouge
  •  Ce blog a pour but d'exposer des pages de poésie, ornées de textes, d'images et de mélodies, pages écrites au fil des jours et, de rassembler des fragments de lumière comme à travers les cristaux d'un kaléidoscope. Il est ma première étude
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