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25 mars 2014 2 25 /03 /mars /2014 22:34

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Un serpent de soleil au sommet du beffroi

Regarde un jour mourir et la nuit mise en bière

Dans un chiffon de feu qu’un éclat de lumière

Enflamme d’un soupir dérobé de l’effroi.

                      

Passant la porte d’or et le chas de l’octroi

Une âme se repose au cœur d’une civière

Que des sphinx sans regard gardent de leur crinière

Comme un trône envoûté par le jeu de l’orfroi.

 

Un souffle encore chaud parfume l’air brillant

D’un vague souvenir de la lune au déluge

Lorsque les eaux croulaient du ciel en vétillant.

 

Puis des tranches de temps, d’encre et de diamant

Ecrivent sur les murs l’histoire d’un transfuge

Qui trahit les secrets d’un pouvoir infamant.

 

Francis Etienne SIcard Lundquist ©2014

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24 mars 2014 1 24 /03 /mars /2014 21:17

 

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La terre s’est ouverte aux cascades d’acier

Et rougit le pavé des ruelles sans âme

Où se couche un vieillard sur un tapis infâme

Dont la peau éculée attise un créancier.

 

Comme chaque seconde au bout d’un balancier

Le regard du clochard illustre de son drame

La douleur de trembler au danger d’une lame

Qui brille dans la nuit hostile au besacier.

 

Un aboiement lointain déchirant la campagne

Etouffe le soupir d’un râle qu’accompagne

Le venin d’une lune en linceul de satin.

 

Qu’importe que se meure un homme de la rue

Pourvu que le parfum des croissants du matin

Eponge de nos yeux l’horreur d’une verrue ?

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2014

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22 mars 2014 6 22 /03 /mars /2014 21:40

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La poésie est l’art de trancher le silence

En touchant du regard le bord de l’univers

Où repose parfois dans des restes de vers

La peau d’un souvenir d’une ample violence.

 

Les couleurs et les mots sans autre équivalence

Que celle dont le sang nourrit les dons pervers

Détruisent chaque jour la rigueur d’un hiver

Que personne ne boit par peur de somnolence.

 

Et pourtant le parfum d’un jour gorgé de sel

Efface le soleil des pages d’un missel

Froissé par un soupir à la pâte d’amande.

 

Car l’or bouillonne alors dans un bout de cristal

Que des griffes de sable arrachent d’un métal

Gonflé d’une encre bleue et d’un bruit de guirlande.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2014

 

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21 mars 2014 5 21 /03 /mars /2014 21:35

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Sous chaque mot écrit par pure lassitude

Se cache un grain d’or fin recouvert de haillons

Comme si dans la nuit la douleur des bâillons

Fourrait le fond du cœur d’une autre servitude.

 

L’encre est un sang de l’âme et dans la solitude

La chair devient du vent sous le poids des maillons

Dont les phrases sans fin ferment les moraillons

Par un bout de couleur propre à la négritude.

 

Des villes aux confins d’un royaume ennemi

Brûlent toujours le temps que la pluie a vomi

Sur une arche de nacre aux reflets d’émeraude.

 

             Or pour combler l’azur d’un trou d’éternité

             Les poètes en vain hissent l’humanité

Au bout de leur métier à tisser la thibaude.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2014

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20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 21:20

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Une bulle de vent confondue à l’acier

Gonfle de son satin la lèvre d’une ardoise

Que des ombres de soie à la chair de framboise

Maquillent d’une craie aux ongles de l’évier.

 

Des pages tournent l’an et percent le papier

De livres imprimés dans le sang bleu turquoise

D’une encre de rotin dont le flot apprivoise

Les remous de la mer et les dunes d’osier.

 

Des madriers de sable éventrés par la brume

Epouvantent la nuit de la peau d’une grume

Qui gît comme une femme au bord du désespoir

 

Or si le temps qui passe échappe à la fournaise.

De nos mains en voyage il attise la braise

Comme un souffle d’enfant joue à l’art du guipoir.

  

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2014

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19 mars 2014 3 19 /03 /mars /2014 21:20

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Sous l’organdi bleuté d’un ciel poudré d’amande

Les arbres du verger se parent de beauté

Ajustant leur toilette au monde chapeauté

D’une vaste futaie aux airs de contrebande.

 

Des oiseaux par milliers picorent la lavande

Dont le précieux musc comble de nouveauté

Les mésanges du bois au regard biseauté

Comme de purs miroirs que le vent affriande.

 

Il neige de la nacre au-dessus des jardins

Et le soleil sourit au chant des baladins

Traversant le village et sa place ombragée.

 

Les enfants accourus au bruit d’un violon

Dansent alors par trois une valse enragée

Où se perd un instant le vol d’un gros frelon.

 

Francis Etienne SIcard Lundquist ©2014

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18 mars 2014 2 18 /03 /mars /2014 21:07

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Des volutes de feu traversant des buissons

Approchent d’une main suspendue à l’orage

Que des plumes de cendre attisent de leur rage

Pour brûler des miroirs et des bris de tessons.

 

Une tour de bois blanc et de grands écussons

Rappellent aux passants la vertu du cirage

Que les riches sultans assoiffés de servage

Etalent sur les morts et sur les nourrissons.

 

Des grappes de cristal tintent dans la paroisse

Où se perdent les mots qui racontent l’angoisse

Des heures et des jours passés à pleurnicher.

 

Puis sans trembler de peur une femme se lève

Et marche en souriant vers ce sombre clocher

Dont l’ombre se déploie au-delà de la grève.

 

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2014

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17 mars 2014 1 17 /03 /mars /2014 22:19

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Des pelotes de neige aux fils colorés d’ambre

Nourrissent le soleil d’un nuage orangé

Que des bouches en feu ont déjà mélangé

A la pâle splendeur d’un parfum de gingembre.

 

Des capes de brocard et des robes de chambre

Frissonnant sous le poids d’un désir effrangé

Par les ronces de chair d’un plaisir engrangé

Glissent comme la pluie en plein mois de septembre.

 

Des fruits gonflés de sève et des feuilles de peau

Touchent de leurs doigts d’or les rides d’un drapeau

Qui traverse le vent d’une aveugle enjambée.

 

Mais au premier regard d’une lune en satin

Le souffle de la nuit cache un sournois pantin

Sous un rocher d’ivoire où fuse une flambée.


 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2014

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16 mars 2014 7 16 /03 /mars /2014 22:12

P1090394

 

Dans un tiroir ganté de velours cramoisi

Un ruisseau de brillants sertis d’or et d’argile

Renaissant de la nuit comme sous un strigile

Enroule le soleil autour d’un mot choisi.

 

Quelques gouttes de lune à l’odeur de moisi

Ruissellent sur la peau d’une branche fragile

Suspendue au hasard d’un papier d’évangile

D’où coule éperdument un sourire transi.

 

Le lac pétrifié d’un silence de sable

Envahit tous les sens d’une ombre périssable

Que le vent de la mer pousse vers le matin.

 

Puis des vagues de soufre au ventre de sardine

Terrassent de leur sel la splendeur smaragdine

D’une grotte de flots où s’entasse un butin.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2014

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15 mars 2014 6 15 /03 /mars /2014 21:54

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Des fleurs de céramique et des plaques de rouille

Rongent à leur couleur les mares de grés noir

Que les oiseaux parfois picorent dans le soir

Comme des graines d’or sous un terreau de houille.

 

Les branches d’un cyprès dans un bout de quenouille

Tissent des monuments tout au fond d’un couloir

Où déjà la pénombre et son triste peignoir

Bousculent le silence au nez d’une gargouille.

 

Ce sont des trous de brique ornés de fil de fer

Qui laissent le soleil décrocher de l’enfer

Cette lune de miel en toute solitude.

 

Quelques larmes de plomb coulent toujours en vain

Sur ces mots effacés par pure lassitude

Car c’est ainsi que meurt l’œuvre d’un écrivain.


 Francis Etienne SIcard Lundquist ©2014

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14 mars 2014 5 14 /03 /mars /2014 21:30

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Sous la poudre des mots se glisse un angelot

Dont les mains de saphir creusent l’incertitude

De recopier le temps par peur de l’habitude

Pour que chante la voix d’un lointain camelot.

 

Traînant dans sa mémoire un pas et son grelot

Le soldat sanctifie avec mansuétude

Tous les morts de sa vie où par désuétude

Chaque jour se replie au fond de son ballot.

 

Les champs crevés de feu puis les cris de sirène

Remplissent ses regards des fièvres d’une arène

Que le soleil déchire au bout de son couteau.

 

La guerre sème un vent sur les tombes de terre

Que parfois un enfant jouant de son râteau

Plisse comme un rideau qui cache le tonnerre.

 

 

Francis Etienne SIcard Lundquist ©2014

 

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12 mars 2014 3 12 /03 /mars /2014 21:12

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En creusant le soleil d’un cri de mandoline

L’homme vêtu de sel étend la siccité

De sa peau de serpent à la férocité

De son regard privé d’une larme orpheline.

 

Sur un tapis de feutre une ombre d’opaline

Dessine des hasards dont la lubricité

Coule comme du vin bu par atrocité

Pour voir flétrir du sang sous une figuline.

 

Un page en habit d’ange offre sur un plateau

La tête du prophète aux marches du château

Où repose un instant un souffle de souffrance.

 

Puis la nuit se retire en laissant son satin

Couvrir le corps glacé d’un terrible pantin

Qui pleure sans amour les jours de son enfance.   

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2014

 

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11 mars 2014 2 11 /03 /mars /2014 21:25

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Portant sous son manteau le livre de la mort

Le philosophe avance au cœur du sanctuaire

Comme un pèlerin nu devant le Saint Suaire

Le regard foudroyé par un éclat de bort.

 

Une voile brûlée aux amarres du port

Entoure de son lin l’âme d’un belluaire

Dont la foi finira dans le seul ossuaire

Où se mêlent les mots et la loi du plus fort.

 

De riches baldaquins recouverts de dentelle

Abritent des enfants que des bouts de chandelle

Cuivrent à leurs frissons d’un reflet de vitrail.

 

C’est là que nous irons au soir de notre vie

Nous endormir longtemps car malgré l’exuvie

Le mystère du corps éloigne du bercail.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2014

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10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 22:08

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Des mosaïques d’or parsèment ma mémoire

D’une poussière d’ombre où rougit un instant

             Ce silence d’ivoire aux lèvres détestant

             Ces mots qui font tourner toutes les clefs d’armoire.

         

              Je badigeonne en vain des pages de grimoire 

              De mon encre de vin au reflet inconstant

              Pour creuser dans le marbre un regard infestant

              Le vélin de mes mains d’une tache de moire.

 

              Les pigments de la guède alourdissent mes yeux

              D’une larme équarrie au velours si soyeux

              De mes rêves bleuis par des pierres de sable.

 

 Pourtant je vais errant d’une feuille en chiffon

 A la porte du temple où sous un faux retable

 Votre visage vient embrasser un bouffon.

 

 

Francis Etienne Sicard Lunsquist ©2014

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9 mars 2014 7 09 /03 /mars /2014 22:08

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Dans la pâte de soie où se roule la nuit

Des cornes de saphir couvertes d’un voilage

Flottent au vent du nord dont le sombre visage

Abreuve l’univers d’une pulpe de fruit.

 

Des rayons de miel pur à l’odeur de biscuit

Dévorent le silence au cœur d’un coquillage

Qui tremble sous le poids d’une once de rivage

Dérobant de la mer un baiser qui le fuit.

 

L’argent fond sous la lune et pare de sa brume

La peau d’une eau salée aux lèvres de l’écume

Pour se dissoudre alors dans un trou de sel fin.

 

Des oiseaux inconnus filent ainsi la cendre

Que parfois une main tire de son coffin

Pour aiguiser le ciel prêt à se faire pendre.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2014

 

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  • Lettres de soie rouge
  •  Ce blog a pour but d'exposer des pages de poésie, ornées de textes, d'images et de mélodies, pages écrites au fil des jours et, de rassembler des fragments de lumière comme à travers les cristaux d'un kaléidoscope. Il est ma première étude
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