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9 juillet 2016 6 09 /07 /juillet /2016 20:56
Harpe à rêves

Au passage de l’arche une larme se glisse

Entre les voiles bleus d’un ciel incandescent

Et la lune de miel qui lentement descend

De sa couche de nacre au venin du délice.

 

Le sucre du silence attache à son supplice

Les souvenirs sacrés d’un prêtre érubescent

Dont la peau maquillée au soleil flavescent

Se poudre d’un éclair plongé dans le calice  

 

Sous le dais d’un platane un étrange abreuvoir

Fond sa chair de cristal dans la peau d’un lavoir

Qui voyage sans fin dans l’or du crépuscule.

 

Des tentures de sable ouvrent l’éternité

Aux regards aveuglés par la sérénité

D’un sommeil qui soudain dans le songe bascule.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016@Shortédition

 

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5 juillet 2016 2 05 /07 /juillet /2016 21:49
Lohengrin

Sur un lac de cristal où flotte un ruban noir

Glisse le songe pur d’un cygne en mousseline

Dont une aile replie un soleil qui décline

Comme une boule d’or dans un pan de peignoir.

 

Le brouillard a drapé les tours d’un vieux manoir

Dans un voile de lin qui parfois dodeline

Au son d’un violon dont la plainte câline

S’épanche dans le vent au ventre d’entonnoir.

 

Les premiers feux-follets poussent dans la bruyère

Sous les pas veloutés d’une jeune écuyère

Puis meurent en silence au pied d’un baladin.

 

Le prince alors paraît sur un croissant de lune

Que des anges de soie et de dentelle brune

Lisèrent du filet d’un rouge incarnadin.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016@Shortédition

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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 20:33
Tournesols de septembre

 

En traversant le ciel où s’endort un nuage

Le souffle de la mer sème un peu de fraîcheur

Qu’un tout petit oiseau devenu fin pécheur

Picore en sautillant sur un morceau de plage.

 

Un foulard de flanelle en guise de plumage

Il repousse la mer d’un doigté de tricheur

Jusqu’au bord de l’écume à la douce blancheur

Dont les reflets de nacre effacent le rivage.

 

Or poussé par la pluie un ballotin de miel

Verse des larmes d’or sur l’eau d’un arc-en-ciel

Qui balance son anse au-dessus de la rade.

 

Puis comme un souvenir le mirage s’éteint

Dans un feu de couleurs où se mêle l’étain

D’une lune fuyant la triste mascarade.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016@Shortédition

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29 juin 2016 3 29 /06 /juin /2016 22:11
Touffes de mots

Le soleil travesti sous une noix de sang

Glisse ses doigts de feu sur des fleurs de glycine

Dont le satin bleuté perfidement fascine

Un papillon posé sur un tapis persan.

 

La bouche de la nuit au souffle ravissant

Chuchote des baisers en peau de capucine

Emprisonnant le ciel de sa longue racine

Qui montre le chemin au pèlerin passant.

 

Quelques éclats d’étoile aux couleurs de la braise

Brillent au firmament d’une saveur de fraise

Puis se figent ainsi dans un brin de corail.

 

C’est l’heure où le mystère éloigne de la lune

Les voiles enlacés au sable de la dune

Comme le plomb fondant aux lèvres d’un vitrail.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016@Shortédition

 

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26 juin 2016 7 26 /06 /juin /2016 21:55
Contes du soir

La mer tourne une page au bout de ses doigts d’ange

Et verse un peu de sable à l’heure du sommeil

Sur les yeux des marins dont la peau de vermeil

Tressaille au souvenir d’une tranche d’orange.

 

Les vaisseaux dans le port rêvent d’un monde étrange

Où des sirènes d’or cueilleraient au réveil

Des fruits de sucre roux mûrissant au soleil

Tout près des bruits de mots que le silence mange.

 

Des brindilles de lune éparpillent le temps

Sur le tapis soyeux que tissent les étangs

A la trame d’un ciel couleur de mandarine.

 

Quelques oiseaux de mer drapés dans le brouillard

Se perdent dans la nuit comme à colin-maillard

Et sèment dans l’oubli des perles de farine.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016@Shortédition

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16 juin 2016 4 16 /06 /juin /2016 21:02
Rouge à paupères

 

Chaque jour disparaît dans un chuchotement

Comme un souffle de fée éteint une bougie

En effaçant le ciel par un tour de magie

Pour grimer le soleil sous son envoûtement.

 

Les flammes du sommeil et leur crépitement

Alourdissent les yeux frappés de léthargie

A cet instant précis où dans sa liturgie

Le temps mêle le monde à son enchantement.  

 

Des anges en papier aux ailes de vanille

Prennent les souvenirs aux rets d’une résille

Où baigne un sourd désir dans de l’eau de grenat.

 

Puis le velours des mots étouffe le silence

Par touches de couleurs tel un peintre à Florence

Qui habille le soir d’un voile d’incarnat.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016@Shortédition

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13 juin 2016 1 13 /06 /juin /2016 21:47
Ciboire de brouillard

Sous la trappe des mots grouille le goût humide

Des lèvres de l’enfance et du premier frisson

Que l’ombre de la nuit cache dans son buisson

Lorsque le temps se boit comme un souffle timide.

 

Des livres érigés en haute pyramide

Cachent sous leurs couleurs une riche moisson

Que la pluie et le vent au cœur de la mousson

Gonflent d’un jeu d’éclairs sur une terre aride.

 

Les pages d’un miroir où se jette l’oubli

Enchâssent dans leur chair un silence affaibli

Par le soupir du soir que la mer entrebâille.

 

Une harpe lointaine égraine un chapelet

Dont la clameur se fond à la douce grisaille

De quelques taches d’encre et referme un volet.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016

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12 juin 2016 7 12 /06 /juin /2016 21:39
Parcelle de silence

A la pâle douceur d’une flamme d’email

Le soir lisse sa peau contre un fil de lavande

Que la brise a soufflé de sa langue gourmande

Comme un maître verrier le sucre d’un vitrail.

 

Des bribes d’organdi parsemé de corail

Flottent dans des bassins où la nuit enguirlande

Les terrasses du ciel dont la dernière offrande

Ouvre tous les tiroirs d’un caravansérail.

 

La goutte d’un parfum glisse d’un bout d’étoile

Et roule sur la mer dont l’horizon se voile

D’une brume de cendre à la saveur de fruit.

 

Un dernier drap froissé découvre un peu la lune

Puis le sommeil d’un ange envahit sans un bruit

Le sable d’un regard qui trouble la lagune.

  

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016@Shortédition

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11 juin 2016 6 11 /06 /juin /2016 21:47
Marine

Quand s’ouvre sur la mer la voile du navire

Une étoile s’engouffre au cœur de l’océan

Dans le cristal bleuté d’un abîme béant

Entre un peu d’horizon et le ciel qui dévire.

 

Puis le soleil se noue au vaisseau qui chavire

Par-dessus les émaux d’un éventail géant

Dont la mousse de sel jaillissant du néant

Roule sur du corail au bout d’une trévire.

 

Des ruches de métal trichent avec l’écume

Déplaçant le hasard sur le bord d’une enclume

Dans de l’eau que noircit un embrun de galets.

 

C’est la riche couleur des lames de mercure,

Des rouleaux de velours et des grains de fourrure

Qui parfois en riant mouillent les chevalets.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016@Shortédition

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10 juin 2016 5 10 /06 /juin /2016 21:10
Temps perdu

Sous les pas d’un vieillard glisse l’or du matin

Que le lilas en fleurs embaume de son ombre

Où déjà le soleil attise le cœur sombre

D’un lézard réveillé par un rire enfantin.

 

Un nuage de mots taillé dans du satin

Passe au-dessus des yeux qu’un souvenir encombre

D’une larme cousue aux souffrances sans nombre

De jours entrelacés de griffes en rotin.

 

Le silence a bruni les pages d’allégresse

Et posé sur la bouche une douce caresse

Eteignant le désir d’un geste de pudeur.

 

Un banc qui tend ses bras change alors l’état d’âme

Comme un couteau planté dans cette absence infâme

Qui remplit chaque instant d’un peu plus de laideur.   

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016

 

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9 juin 2016 4 09 /06 /juin /2016 20:45
Fanes d'horloge

Sous le tulle du soir une mousse de songe

Coule de l’océan à la bouche du ciel

Cousant du sable chaud d’une aiguille de miel

Sur des barques de bois à la couleur d’éponge.

 

Le parfum d’un iris où le soleil se plonge

Mêle à son encre bleue une goutte de fiel

Dont le sucre adoucit l’orbe d’un arc-en-ciel

Renaissant d’une nuit que la lumière ronge.

 

Paillés de feuilles d’or des nuages de lin

Effilent à leurs doigts les ailes d’un moulin

Essoufflé par le bruit d’une longue étincelle.

 

Mais au fond du regard le bout de l’horizon

Creuse encore ce temps échappé de prison

Pour dérouler le vent comme un brin de ficelle.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016@Shortédition

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2 juin 2016 4 02 /06 /juin /2016 20:55
Banalités sans âme

Un lambris de ciel bleu couvre de sa foison

Les marbres descendus d’une voûte de roche

Où sur l’or du soleil l’éternité ricoche

Comme un éclair de temps sous sa riche toison.

 

Des milliards de mots trempent dans du poison

Leurs lèvres de saphir que la nuit effiloche

Sur les pointes d’acier d’une lointaine cloche

Qui sonne l’angélus au bord de l’horizon.

 

Une barque déploie une ombre de turquoise

Et glisse entre les joncs sur un miroir d’ardoise

Dont le sombre cristal se saupoudre d’émail.

      

Une invisible bouche ose embrasser la lune

En déroulant ainsi sur la peau d’une dune

Une vague de soie aux reflets de vitrail.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016@Shortédition

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23 mai 2016 1 23 /05 /mai /2016 21:43
Nostalgie du regard

La cendre d’une valse envahit le silence

Effleurant de sa braise une âme sans espoir

Que des bouquets de mots sur le bord d’un trottoir

Parfument du poison d’une très longue absence.

 

La dentelle fanée au soleil de l’enfance

Froisse encore ce cœur qui soupire le soir

Lorsque le temps se noue au ruban d’un tiroir

Où repose déjà le fruit de la souffrance.

 

Des mirages d’émail scintillent sous les yeux

Gonflés de solitude et pourtant si joyeux

De regarder la vie au vitrail d’une image.

 

Puis des larmes de sel coulent comme de l’or

Et mêlent le chagrin aux perles d’un trésor

Que la mémoire ajoute à des rêves de plage.

  

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016@Shortédition

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22 mai 2016 7 22 /05 /mai /2016 20:30
Tombeau d'écume

Un serpentin de feu court sur le bord de l’eau

Tressant des fils de miel autour d’une sirène

Dont le corps échappé d’un souffle de murène

Flotte comme du sel dans le creux d’un rouleau.

 

La mer retentissante à grands coups de doleau 

Taille sa peau d’ardoise où le soleil égrène

Des frémissements d’or retenus par la rêne

D’une écuyère nue annonçant un fléau.

 

Les marins ébahis et leur vaisseau de paille

Tournent autour du vent au pied d’une muraille

Que des algues en fleur couvrent d’obscurité.

 

Quelques instants encore une longue lumière

Eclaire le ciel bleu d’une rose trémière

Quand s’ouvre alors le temps de l’autre éternité.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016

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19 mai 2016 4 19 /05 /mai /2016 21:37
Les anges

Sur la page d’un ciel tendu d’un bout de moire

Ils tracent le soleil à la plume d’airain

Et versent de la chaux dans un long souterrain

Dont ils creusent les murs dans des trous de mémoire.

 

Des larmes de sulfure à la forme de poire

Coulent de leur regard comme un bruit de refrain

Dont les orgues du temps déchiquettent le grain

Sous le souffle puissant de leurs tuyaux d’ivoire.

 

Parfois leurs langues d’or surgissent d’un vitrail

Et brûlent les serpents jaillis d’un soupirail

Sans déchirer leurs mots ni leurs aubes de soie.

 

Ils dévorent alors ces brumes de satin

Que les démons souvent étourdis par la joie

Confondent avec l’eau qui forge le matin.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016@Shortédition

 

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  • Lettres de soie rouge
  •  Ce blog a pour but d'exposer des pages de poésie, ornées de textes, d'images et de mélodies, pages écrites au fil des jours et, de rassembler des fragments de lumière comme à travers les cristaux d'un kaléidoscope. Il est ma première étude
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