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22 mai 2016 7 22 /05 /mai /2016 20:30
Tombeau d'écume

Un serpentin de feu court sur le bord de l’eau

Tressant des fils de miel autour d’une sirène

Dont le corps échappé d’un souffle de murène

Flotte comme du sel dans le creux d’un rouleau.

 

La mer retentissante à grands coups de doleau 

Taille sa peau d’ardoise où le soleil égrène

Des frémissements d’or retenus par la rêne

D’une écuyère nue annonçant un fléau.

 

Les marins ébahis et leur vaisseau de paille

Tournent autour du vent au pied d’une muraille

Que des algues en fleur couvrent d’obscurité.

 

Quelques instants encore une longue lumière

Eclaire le ciel bleu d’une rose trémière

Quand s’ouvre alors le temps de l’autre éternité.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016

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19 mai 2016 4 19 /05 /mai /2016 21:37
Les anges

Sur la page d’un ciel tendu d’un bout de moire

Ils tracent le soleil à la plume d’airain

Et versent de la chaux dans un long souterrain

Dont ils creusent les murs dans des trous de mémoire.

 

Des larmes de sulfure à la forme de poire

Coulent de leur regard comme un bruit de refrain

Dont les orgues du temps déchiquettent le grain

Sous le souffle puissant de leurs tuyaux d’ivoire.

 

Parfois leurs langues d’or surgissent d’un vitrail

Et brûlent les serpents jaillis d’un soupirail

Sans déchirer leurs mots ni leurs aubes de soie.

 

Ils dévorent alors ces brumes de satin

Que les démons souvent étourdis par la joie

Confondent avec l’eau qui forge le matin.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016@Shortédition

 

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17 mai 2016 2 17 /05 /mai /2016 21:18
Caravane de mots

Quelques perles de sable aux reflets de liqueur

Roulent sur le tapis de la nuit qui s’embrase

Dans un rayon d’argent que le silence écrase

Entre les brins de bruits d’un satyre moqueur.

 

Une noix de brouillard offre aux dents du croqueur

Sa peau de brillantine où luit une topaze

Sous les lacets nacrés d’une éphémère phrase

Que le sel d’une vague attribue en vainqueur.

 

Des parfums de vanille ourlent de la dentelle

Au revers du velours dont la beauté constelle

La voûte de la nuit d’une pluie de couleurs.

 

Pas à pas cependant les ombres de la lune

Recouvrent les esprits de profondes douleurs

Comme des corps grouillant d’un caveau de fortune.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016@Shortédition

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15 mai 2016 7 15 /05 /mai /2016 22:00
A la grotte du soir

Une goutte de temps tombe sur la paupière

D’une fée endormie au bras d’un arlequin

Dont la bouche adoucie au goût de marasquin

Caresse le satin d’une riche guêpière.

 

La main de velours noir d’une étrange fripière

Fouille le sable mou d’un rivage turquin

Où des oiseaux frileux en papier maroquin

Referment l’horizon avec une drapière.

 

Aux lèvres de la nuit on chuchote en tremblant

Des mots remplis de suie et d’un parfum troublant

Que le vent de la grève enfle comme un présage.

  

Puis les feuilles d’argent et les mèches de lin

Froissent l’éternité d’une larme en vélin

Arrachée au sommeil d’un placide visage.

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016@Shortédition

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29 mars 2016 2 29 /03 /mars /2016 22:10
Au bord des flammes

Chaque lettre se fond dans l’encre de la nuit

Effaçant tous les sens d’un corps qui se consume

Comme l’encens des mots que la pâleur parfume

D’une touche de miel ou de la peau d’un fruit.

 

Sur le sable glacé de la lune qui luit

Courent des feux-follets et des branches de brume

Que le ressac du temps brise sous son enclume

Partageant le destin d’un vaisseau qui s’enfuit.

 

Des colonnes en feu détruites par un ange

Illuminent le soir qu’une abeille mélange

Au sucre de son vol à la bouche d’un lys.

 

Pas un bruit de métal ne trouble la banquise

Dont la fourrure d’or brutalement attise

La braise d’une lave en chair d’amaryllis.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016

 

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23 mars 2016 3 23 /03 /mars /2016 23:35
A la source de l'oeil

Une main de velours caresse l’eau dormante

D’une vasque de nacre où repose un serin

Epuisé par le vent fleuri de romarin

Qui file en gémissant sous des ailes de mante.

 

Quelques feuilles de vigne et des ombres de plante

Câlinent le soleil au fond de leur écrin

Qu’une cigale berce avec son tambourin

De l’incessant fracas de son humble tourmente.

 

Un scarabée en or exhibe son blason

En murmurant les mots d’une longue oraison

Comme un prêtre du temple aux rayons de la lune.

 

Immobile frisson la mer tisse l’été

Sur le sable d’un ciel que des rides de dune

Moirent à l’infini d’un fil d’éternité.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016

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22 mars 2016 2 22 /03 /mars /2016 22:35
Papier de Riz

D’une fontaine en or au centre du soleil

Jaillit l’eau de la pluie au parfum de framboise

Que des vases d’argent ornés de fleurs d’armoise

Recueillent goutte à goutte en versant le sommeil.

 

A l’heure où s’épaissit la cire de l’éveil

Le fantôme soyeux d’une étoile chinoise

Couvre de confettis les rives d’une ardoise

Qu’une craie a cendrés d’un nuage vermeil.

 

Le miel coule du ciel comme un fleuve de lave

Nappant de sucre chaud les larmes d’un agave

Ecloses dans la nuit sous le sceau du secret.

 

Pailletés de cristal les méandres du fleuve  

Poussent leurs rêves morts vers la sombre forêt

Et renaissent de l’eau faisant ainsi peau neuve.

  

 Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016

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15 mars 2016 2 15 /03 /mars /2016 21:30
VAJRAYANA – Vairocana

Texte composé en miroir avec la création musicale Vajrayana de Camille Pépin, 

 

Cinquième partie: Vairocana - l'espace

 

(Vajrayana est une commande de l’Ocherstre National D'Ile de France et de Radio France, oeuvre gràce à laquellle Camille Pépin a obtenu le grand prix SACEM 2015 jeune compositeur de la musique symphonique.)

 

http://camillepepin.wix.com/composer

 

A la frange de l’eau fume un lacet de verre

Que des mains de saphir tressent comme du sang

Qui coulerait du ciel sur le bord d’un étang

Engourdi par le miel d’une ruche de terre.

 

Des horloges en bois tendent sous le tonnerre

Une marre de soie où l’infini s’étend

De l’aube partagée entre des fruits de vent

Et le supplice amer d’un éventail de pierre.

 

Une barque éponyme épouse dans la peur

Le pharaon sacré par un jet de vapeur

Jailli de la fontaine au bord de la rivière.

 

Qui souffle alors le bruit aux arches de la nuit

Enfle son cor d’argent d’une goutte de bruit

Égrainant de la mort la volonté dernière.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016

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4 mars 2016 5 04 /03 /mars /2016 22:01
VAJRAYANA – Karma

Texte composé en miroir avec la création musicale Vajrayana de Camille Pépin, 

 

Quatrième  partie: Karma - le vent

 

(Vajrayana est une commande de l’Ocherstre National D'Ile de France et de Radio France, oeuvre gràce à laquellle Camille Pépin a obtenu le grand prix SACEM 2015 jeune compositeur de la musique symphonique.)

 

http://camillepepin.wix.com/composer

 

Sous le souffle brûlant d’un foulard de satin

S’enroule le serpent d’une danse idolâtre

Qui traverse le temps et son collier d’albâtre

Comme un papier de riz aux doigts d’un serpentin.

 

L’ombre d’un bruit fugace assaille un diablotin

Qui se cache en jouant dans la cendre d’un âtre

Où rougissent des voix échappant d’un théâtre

Dont le velours chatoie au bord d’un strapontin.

 

Des feuilles de silence envahissent l’espace

De frissons ravissant le soleil à la glace

Qui reflète le ciel à la lueur de l’eau.

 

C’est un cortège d’or et de bouts de chandelle

Qui traverse le nord sur un pont de dentelle

Mais c’est déjà le grain qu’on bat sous le fléau.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016

 

 

 

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2 mars 2016 3 02 /03 /mars /2016 22:41
VAJRAYANA – Padma

Texte composé en miroir avec la création musicale Vajrayana de Camille Pépin, 

 

Troisième  partie: Padma - Le feu 

 

(Vajrayana est une commande de l’Ocherstre National D'Ile de France et de Radio France, oeuvre gràce à laquellle Camille Pépin a obtenu le grand prix SACEM 2015 jeune compositeur de la musique symphonique.)

 

http://camillepepin.wix.com/composer

 

 

Des bourgeons de soleil éclatent à l’aurore

Dans un fleuve dont l’or sous la forge du nain

Gonfle l’éternité de son puissant venin

Comme un souffle naissant d’une autre métaphore.

 

D’un bouillon de rochers la lave s’évapore

Embrouillant les secrets d’un rite saturnin

Que des vasques d’argile en forme de hennin

Recueillent par milliers sur le col d’une amphore.

 

Sous sept voiles de soie une liane de chair

Attise le printemps aux ra d’un courant d’air

Qui boursouflent le ciel dans une bulle en moire.

 

Quelques pieds cependant tracent en pointillé

La page d’un silence arraché d’un grimoire

D’où s’effacent les mots d’un blason bastillé.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016@Shortédition

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29 février 2016 1 29 /02 /février /2016 22:06
VAJRAYANA - Vajra

Texte composé en miroir avec la création musicale Vajrayana de Camille Pépin, 

 

Deuxième  partie: Varja - L'eau

 

(Vajrayana est une commande de l’Ocherstre National D'Ile de France et de Radio France, oeuvre gràce à laquellle Camille Pépin a obtenu le grand prix SACEM 2015 jeune compositeur de la musique symphonique.)

 

http://camillepepin.wix.com/composer

 

Sa langue de cristal effile un pont d’acier

Et courbe la lumière à l’émail d’une cruche

Dont la fraîcheur confit les fruits d’une lambruche

Au sucre d’une flûte en pâte de glacier.

 

Comme un voile naissant du regard d’un sorcier

La mer froisse de l’or sous son doigt de baudruche

Mêlant l’écume au sel et le miel à la ruche

D’un mouvement soumis au bras d’un balancier.

 

Une goutte de pluie enlevée à l’orage

Perle au front de la nuit en plein cœur du naufrage

Pétillant à l’éclair de son cuivre incarnat.

 

Or son parfum se fane à la branche d’un saule

Tachant le ciel drapé dans le sari grenat

D’une larme de lune effleurant une épaule.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016

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28 février 2016 7 28 /02 /février /2016 22:22
Vajrayana - Ratna

Texte composé en miroir avec la création musicale Vajrayana de Camille Pépin, 

 

Première partie: Ratna - la terre

 

(Vajrayana est une commande de l’Ocherstre National D'Ile de France et de Radio France, oeuvre gràce à laquellle Camille Pépin a obtenu le grand prix SACEM 2015 jeune compositeur de la musique symphonique.)

 

 
 
 
 

 

Haletant dans la nuit comme un souffle à murène

Le regard se faufile entre des grains de rouille 

D’où sourdent par instants de la terre qui grouille

Des ongles déchirés par des lambeaux de thrène.

 

Un frelon attiré par l’or d’une sirène

Plonge son dard de fer au cœur d’une dépouille

Dont l’ombre anéantit l’antre d’une gargouille

Appuyée au soleil que le matin gangrène.  

 

Sur la peau d’un tambour des gouttes de goudron

Brûlent l’encens bouilli au creuset d’un chaudron

Pour la gloire des morts dans la vie éternelle.

 

Des mottes de silence étouffent chaque bruit

Envahissant le temps d’une saveur de fruit

Puis vengent par le sang le feu d’une prunelle.

   

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016

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22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 22:19
Fresque de mots

 

Tarissant le silence aux lèvres de corail

La pluie ouvre le soir de sa main parfumée

Que des gants de grenat couvrent de leur fumée

Comme un voile tissé dans un pan de vitrail.

 

La lune entrelacée aux fleurs d’un soupirail

Glisse son cœur de lait dans l’âme costumée

D’un passant ondulant d’une étoile allumée

Aux flambeaux en cristal du caravansérail.

 

D’une tour assoupie à l’ombre de la ville

S’envole un aigle noir qui d’un soupir s’exile

Vers le désert tapi sur le fil d’un rasoir.

 

Une cascade en or cache pourtant le sage

Qui pour brûler la nuit dans un dernier message

Marche à pas de velours jusqu’au bout du musoir.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016

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16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 22:54
Contemplations

Une frange de sel cousue au point de lune

Dessine sur la mer des souffles de satin

D’où s’échappe parfois un soupir clandestin

Comme un voile de neige au-dessus d’une dune.

 

Des gouttes de cristal ruissellent de la hune

Où paissent des oiseaux sous le vent du matin

Qui coiffe le soleil d’un sourire enfantin

Parfumant tout le ciel d’une saveur de prune.

 

La nuit éparpillée autour d’un abreuvoir

Efface un songe pris aux filets d’un lavoir

Qui s’enfonce dans l’eau colorée à la menthe.

 

Un nuage de miel coule sur l’horizon

Qu’une avalanche d’or naïvement pimente

D’une épice de feu fondant comme un tison.

  

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016

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9 février 2016 2 09 /02 /février /2016 22:35
Dentelles d'ombres

Dans la paille du ciel où se blottit l’oiseau

Brûle un bout de bougie à la cire d’abeille

Dont le parfum de miel comme un songe émerveille

Un papillon posé sur le bord d’un roseau.

 

Une ganse de vent découpée au ciseau

Muselle une lavande au fond d’une corbeille

Où scintillent du vin à l’or d’une bouteille

Que les fruits du jardin cachent sous leur museau.

 

Une goutte de pluie accrochée au feuillage

Rêve de se glisser dans un sac de voyage

Pour partir humecter les lèvres d’un jasmin.

 

Des rides de silence effacent le murmure

D’une source assoupie au détour d’un chemin

Où bruit sous mes mots une épaisse ramure.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016@Shortédition

 

Lauréat du Grand Prix Eté 2016

 

http://short-edition.com/oeuvre/poetik/dentelles-d-ombres

 

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  • Lettres de soie rouge
  •  Ce blog a pour but d'exposer des pages de poésie, ornées de textes, d'images et de mélodies, pages écrites au fil des jours et, de rassembler des fragments de lumière comme à travers les cristaux d'un kaléidoscope. Il est ma première étude
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