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8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 23:10
Tanneries à miracles

Sous le masque en velours d’une étoile en voyage

Se cache le plaisir de froisser le brouillard

Comme de la dentelle autour d’un corbillard

Qui traverse la nuit et son long marécage.

 

Quelques dragons de feu dans le fond d’une cage

Dévorent leur ennui d’un sourire fuyard

Terrassés par la peur d’un terrible vieillard

Dont l’ombre déracine un morceau de rivage.

 

La cendre du soleil nourrit l’eau de la mer

D’une manne de mots dont le bouillon amer

Refroidit sur le sable aux reflets de la lune.

 

Puis un soldat de plomb frappé de cécité

Fouille de son talon avec ténacité

Les restes d’un palais noyé dans la lagune.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016

 

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7 février 2016 7 07 /02 /février /2016 22:31
Saphirs d'astres

A la porte d’un temple où repose glacé

Le destin de la nuit sous sa robe de bure

Gît le sphinx de granit dont la peau de mercure

Coule sur le désert lentement menacé.

 

Le cœur de l’univers au vent entrelacé

Bat comme un cil drapé dans un trou de verdure

Que des griffes de sable ourlent d’une engelure

Fondant le verre noir d’un jour presque effacé.

 

Dans le tombeau fermé par le sceau du silence

Les murs livrent des mots dont l’extrême opulence

Enrichira le temps d’un fil d’obscurité.

  

Qui pourra donc briser le sceau de ce mystère

Si ce n’est le mystique au cœur du monastère

Où les lèvres de Dieu soufflent la vérité ?

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016

 

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1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 22:35
Douves et vagues

La berge s’est fanée au cœur de la rivière

Comme une fleur d’été dont l’éclat resplendit

Parmi les rochers nus que la nuit interdit

Aux risques de toucher le cœur d’une bouvière.

 

Des lances de sapins en guise de civière

Gardent de leur silex le regard d’un bandit

Vêtu de peaux de rat que le temps a maudit

En semant sur le sol de la sansevière.

 

Une corde tendue entre des troncs moussus

Tisse une toile en or dont les soyeux tissus

Recouvrent les galets d’une nappe de neige.

 

Mais dans un pot de grès un peu de vif-argent

Brûle le fond du ciel en un tour de manège

Et détruit notre mort tout en nous égorgeant.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016

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31 janvier 2016 7 31 /01 /janvier /2016 22:39
Balbutiements d'un souvenir éteint

Bercé par un silence aux lèvres de métal

Le désert de la nuit se lève comme un astre

Immobile et fuyant la cime d’un pinastre

Qui tranche sous son ombre un bassin de cristal.

 

Des gerbes de fourrure aux broches d’un étal

Touchent les poches d’or d’un flamboyant désastre

Qui menace le jour caché par un pilastre

Le long d’une muraille aux parois de santal.

 

La mer porte le deuil d’une larme de sable

Rougissant le soleil à sa main inlassable

Dont la grève s’abreuve à chaque pas de l’eau.

 

Quelques graines de lune irisent la tonnelle

D’un jardin où s’endort l’âme d’un camelot

Prise au piége d’un temps recouvert de flanelle.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016

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26 janvier 2016 2 26 /01 /janvier /2016 22:28
Sortilèges d'écume

En couvrant le soleil d’une feuille d’acanthe

La mer ciséle l’or au fil de son burin

Emprisonnant le ciel sous la peau d’un florin

Qui roule dans le sel d’une étoile filante.

 

La poussière du jour prise dans la tourmente

Jette un peu de cristal comme des bouts de crin

Sur des éclats de nacre au gré d’un tambourin

Qui scande le fracas d’une vague béante.

 

La ficelle du vent empaquette les pins

Dans le parfum sucré des touffes de lupins

Où se cache parfois la goutte d’un nuage.

 

Sur le sable émaillé d’un rivage en miroir

Un crabe se faufile tout au fond d’un tiroir

Emportant avec lui le cœur d’un coquillage.    

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016

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21 janvier 2016 4 21 /01 /janvier /2016 22:13
Page de vent

A la toise du temps les uns jettent des sorts

Les autres effrayés par des bouts de bougie

Cachent les pièces d’or portant leur effigie

Dévorée en silence au fond des coffres-forts.

 

D’autres pendus au ciel pèsent l’âme des morts

Comme des cambusiers dont les tours de magie

Effacent de la veille une image d'orgie

Où périrent des mots sans aucuns réconforts.

 

Parfois près des parois d’une antique chapelle

Un mendiant blotti tend sa triste coupelle

Vers une main gantée offrant la charité.

 

Le monde s’engourdit avec indifférence

Sous le poids de l’orgueil et de l’incohérence

Mais qu’importe pleurer en pleine obscurité ?

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016

 

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20 janvier 2016 3 20 /01 /janvier /2016 22:04
Carreaux d'ombres

Dans un palais de sable au bord de la baltique

Une mèche de lune enflamme le jardin

D’une lueur fondue au halo smaragdin

D’une voix entonnant les versets d’un cantique.

 

Traversant les couleurs d’un monde désertique

L’éclat mystérieux d’un noble paladin

Agrège de la pluie aux mains d’un baladin

Ensorcelant la nuit de son corps aquatique.

 

La mousse d’une horloge argente un égrugeoir

Où des cristaux de sel comme dans un drageoir

Cousent à leurs soupirs des souffles de flanelle.

 

C’est l’aube qui paresse et rougit l’horizon

D’une poussière d’or et d’un peu de cannelle

Dont le parfum sucré fait perdre la raison.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016

 

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18 janvier 2016 1 18 /01 /janvier /2016 22:26
Les bourreaux de poètes

Ils jetteront des mots sur des bouts de carton

En déchirant leurs dents contre des bris de glace

Préférant se vautrer dans un plaisir fugace

Que de pleurer la mort de leur cœur d’avorton.

 

Leur visage moqueur au sourire glouton

Cache la puanteur propre à la populace

Qui recherche la boue au prix de la menace

Pour échauder la chair comme peau de mouton.

 

Dans des fosses de vin ils plongeront l’étoile

Qui frissonnait d’émoi sous un souffle de voile

Aux lèvres d’un soleil en chemise de miel.

 

L’ignorance est un mal qui ronge la vermine

Et salit la beauté de tous les arcs-en-ciel

En semant sur la terre une grande famine.   

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016

 

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17 janvier 2016 7 17 /01 /janvier /2016 22:02
Terre d'exil

De la tourbe du jour à l’ombre du rivage

Des langues de brouillard enrobent le matin

D’une broussaille d’or aux reflets de satin

Que des aigles en feu réduisent au servage.

 

Sous un dais de damas une fille sauvage

Tresse des mots sacrés en un long serpentin

Dont les sanglots parfois d’un rire clandestin

Epousent la douleur qui fait tant de ravage.

 

La margelle d’un puits cache l’eau du sommeil

Brûlant ses lèvres d’ambre au masque d’un soleil

Qui ronge le cristal d’un ciel de pacotille.

 

Sur le sable brûlant d’une dune de peau

Passe enfin un nuage au couleur d’un drapeau

Qui rappelle un instant un astre qui scintille.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016

 

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15 janvier 2016 5 15 /01 /janvier /2016 19:49
Réverbère sans lune

Des tiges de bambous barrent l’éternité

D’une claie ondoyante où des masques d’argile

Ecorchent leur visage à la peau si fragile

Contre un four de sommeil en toute impunité.

 

Au fond d’un lac de soie où bout l’humanité

Des roches en couleur racontent l’évangile

En forgeant dans leur cœur la griffe d’un strigile

Qui glisse sur le ciel avec divinité.

 

L’arbre de la naissance aux racines de songe

Portent les premiers fruits où le ver du mensonge

Ronge déjà la nuit et l’âme des humains.

 

Les Parques et les Sphinx se partagent le monde

Et soufflent sur le temps de leur haleine immonde  

Des mots écrits pourtant par de divines mains.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016

 

 

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14 janvier 2016 4 14 /01 /janvier /2016 20:52
Drap de nuage

 

Que tremble au bout du temps une feuille de laine

Ou que la marre d’or se remplisse de lin

Le vent de sa poussière écartèle un moulin

Qui déracine l’eau sous sa puissante haleine.

 

Des pioches de cristal brisent la porcelaine

D’une image figée au cœur d’un ravelin

Dont la rustre beauté poudre le doux vélin

De la lune attablée au parvis de la plaine.

 

Il goutte de la nuit des larmes d’éventail

Dont la forge engloutit sous un épouvantail

Le parfum distillé par des fleurs de glycine.

 

Puis la soif se tarit aux lèvres d’un sorcier

Fuyant le soleil noir d’un placide glacier

Que le printemps naissant à sa griffe calcine.

   

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016

 

 

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9 janvier 2016 6 09 /01 /janvier /2016 18:33
Aquarelle de mots

 

Un nuage en perruque au bord d’un mamelon

Regarde le soleil arroser de sa braise

Les mouettes dansant autour de la falaise

Comme des confettis bercés par le flonflon.

 

La douceur de la mer sur son lit de sablon

Caresse le corail d’une brume de glaise

Qui recouvre le port d’une fleur japonaise

Dont la chair de papier appelle l’aquilon.

 

Des flocons de lumière éclaboussent la grève

Où se pose en silence un souvenir de rêve

Que l’écume du vent tache d’or et de miel.

 

Le monde se dissout dans un bol de mélasse

Engluant les couleurs d’un fragile arc-en-ciel

Dans le sucre nacré d’un morceau de fougasse.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016

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5 janvier 2016 2 05 /01 /janvier /2016 21:54
Billet de sable

En touchant le soleil d’une pointe de fièvre

Le désert se déplie au bord de l’horizon

Sous un voile de soie en pleine floraison

Bien en-deçà d’un monde à la parole mièvre.

 

Le sable de la dune a le goût de genièvre

Dès que brûlent les mots sous le dard d’un tison

Qui nourrit les serpents d’une once de poison

Comme la neige fond sous une peau de bièvre.

 

Des larmes de cirage exsudent d’un décor

Où rougissent soudain des étincelles d’or

Prisonnières un temps d’une boule torride.

 

Seul alors le poète écrira sur la mer

Des dentelles d’écume au liniment amer

Où viendra se baigner un cœur de néréide.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016

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3 janvier 2016 7 03 /01 /janvier /2016 19:37
Voyage

 

Quelques feuilles d’ivoire à la peau d’abricot

Colorent les feuillets d’un livre sans rature

Où se plonge au hasard le temps d’une lecture

Le regard d’un enfant vêtu de calicot.

  

Des pages dont le fil rouge coquelicot

Traverse chaque mot de sa fine écriture

Mêlent leur chair de soie au roman d’aventure

Que d’invisibles mains tranchent au massicot.

 

Des êtres renaissant d’une flamme de rouille

Dévoilent les secrets tirés d’une citrouille

Où se croisent des chats à tête de dragon.

 

Le rêve se suspend aux ailes d’un archange

Et l’enfant enchanté par un cri de mésange

S’endort dans le velours d’un siège de wagon.   

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016

 

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31 décembre 2015 4 31 /12 /décembre /2015 18:45
Dominos de mensonges

Dans la paille du soir une larme d’horloge

Glisse contre le ciel habillé d’un camail

Dont un rai de jais noir agrafe le fermail

Cachant l’éternité sous le pli d’une toge.

 

Sur un carreau de feu qu’une fée interroge

L’avenir pris aux crocs d’un étrange trémail

Fond comme de l’or blanc dans un creuset d’émail

Révélant le secret d’un envoûteur du doge.

 

Le marbre des palais éclaboussés de peur

Se langent dans la peau d’une obscure vapeur

D’où surgissent soudain des confettis de lune.

 

Or sous un masque en soie au cœur du carnaval

Apparaît la déesse au pied de la Fortune

Terrassant de son gant le cœur de mon rival.

    

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2015

 

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  • Lettres de soie rouge
  •  Ce blog a pour but d'exposer des pages de poésie, ornées de textes, d'images et de mélodies, pages écrites au fil des jours et, de rassembler des fragments de lumière comme à travers les cristaux d'un kaléidoscope. Il est ma première étude
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