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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 22:19

 

 

 

 

Rives-de-verres.jpg

 

 

Sur un gravier de soie une image de fil

Dérobe la lumière aux flammes d’un joyau

Forgeant à son éclair la fourche d’un hoyau

Dont la poudre de feu deviendra du morfil.

 

Des dentelles de lune aux blancheurs du marfil

Cousent une cascade aux veines d’un coyau

Qu’une aube de bois blanc effile en long boyau

Le long d’une rivière au sinueux profil.

 

Des galets d’argent pur et des colliers de sable

Jonchent les gués joyeux d’un reflet périssable

Où nichent les lézards et les bancs de fourmis.

 

L’absence de silence et l’infini murmure

D’une onde déguisée en cuirasse d’armure

Apaise alors la soif de mes sens insoumis.

 


 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2011

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9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 22:42

 

 

Songerie-enfantine.jpg

 

 

 

Comme un fondant de givre une bougie en sable

Lape la nuit d’hiver de sa langue de miel

Qu’une étoile en voyage en plein milieu du ciel

Fourre comme un crayon au fond de son cartable.

 

Des ruches d’univers décorant un retable

Bourdonnent de plaisir dans un pli d’arc-en-ciel

Et versent sur le fil d’un temps artificiel

Des cires de couleurs aux murmures de fable.

 

De l’océan austral à la mer du Japon

Un miroir de cristal dans un flou de jupon

Regarde l’infini de son œil de cyclope.

 

Un enfant somnolant sur un livre érudit

Souffle alors le soleil d’un kaléidoscope

Et rejoint le pays où le rêve murit.

 


 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2011

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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 23:50

 

 

Balade-de-pendu.jpg

 

 

Au bord d’un quai tapi sous l’arcade d’un pont

Un reflet de ciel bleu remplit de son breuvage

Le regard d’un passant qui flâne en esclavage,

Le pas perdu dans l’air et le silence au front.

 

Les bancs vides et nus, comme un cuisant affront,

Murmurent leur tristesse au cœur d’un paysage

Où glisse une péniche à fleur de sarcophage

Sur un marbre tissé quelque part en amont.

 

Un drapeau flamboyant berce l’aube naissante,

Le revers de la nuit, la douleur oppressante,

Le dôme d’une école ou le toit du sénat.

 

Lentement le bruit sourd des caves de la ville

Envahit les couloirs des palais de l’état,

Ignorant la douleur d’une âme trop fragile.

 


Francis Etienne Sicard Lundquist ©2011

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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 21:05

 

 

 

Page-d-exil.jpg

 

 

 

Derrière une paroi dont le cristal se brise

Une âme et sa souffrance étouffent le chagrin

De puiser le silence aux eaux d’un boulingrin

Que des larmes de sang mêlent à la banquise.

 

L’étau d’une peur sourde à la cruelle emprise

Presse ses dents de plomb contre un cœur pérégrin

Abandonné de tous à l’ombre d’un aigrin

Que le vent de la mer tache de sa chemise.

 

L’absence ouvre une plaie au plus profond des yeux

Et creuse à sa poussière un mirage crayeux

Où s’enlisent les mots de la mélancolie.

 

Quel poète ne vit, tel un maigre cabot,

Du seul pain de ce songe, et pour ce paquebot

Qui quitte le rivage au bord de la folie ?

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2011


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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 21:25

 

Au-grand-lever.jpg

 

 

 

Dans un carré de soie une étoile au cœur noir

Regarde la rosée ouvrir la devanture

D’un jardin barbouillé d’un pot de confiture

Qu’une sœur à cornette amène au promenoir.

 

Des gerbes de soleil jaillissant d’un dortoir

Frôlent de leur dentelle un filin de sulfure

Qu’une araignée en pleurs dans un corset de bure

Tend au-dessus des fleurs comme un fil d’étendoir.

 

Une valse à trois temps enlace une fontaine

Dans un val de verdure où croît la marjolaine,

Et grise de vertige un scarabée en or.

 

La rivière s’allume aux couleurs de la lune,

Les bassins du château prennent l’air de fortune,

Et le jour apparaît dans un royal décor.   

 

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2011

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4 novembre 2011 5 04 /11 /novembre /2011 20:57

 

Image-de-priere.jpg

 

 

 

Poudre d’un pur hasard et ruche de mirage

La vague de cristal déferle sur la peur

Comme un rocher de mer dans la main d’un semeur

Dont les pas de géant écrasent le rivage.

 

Des treilles de lumière et le fond d’un nuage

Crèvent le sol terreux d’une violente aigreur

Que les chemins vineux entourent de stupeur

Sous le crin anguleux d’une porte de cage.

 

Le ciel déraciné par des ruisseaux de vent

Arrache l’horizon aux bouches d’un torrent

Que des griffes de verre aiguisent de leur haine.

 

La boue ensanglantée à l’argile en fusion

Boursouffle chaque mot d’une attente incertaine,

Dont  la nuit en haillons détrempe l’illusion.

 

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2011

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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 22:38

Hambourg-am-Haffen.jpg

 

 

 

Au bout d’un quai obscur plongé dans le brouillard

Quelques oiseaux de mer écoutent le silence,

Le corps figé de froid sous un bras de potence

Qu’un falot immobile éclaire de son fard.

 

Une fumée opaque aveuglant un vieillard

S’échappe dans le bruit, presque sans éloquence,

D’une porte claquant sous des cris de démence

Dont l’écho retentit au pas d’un corbillard.

 

Des femmes sans vertu dévorent dans l’ivresse

Des rires assoiffés d’une immense tendresse,

Puis s’épuisent à boire avant de copuler.

 

Une lourde sirène emplit toute la ville

D’un trou béant de nuit où vont déjà brûler

Des façades de brique aux couleurs de l’argile.

 


 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2011

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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 18:19

 

 

 

Jour-des-morts.jpg

 

 

 

Au bras d’une ficelle un éclair sans orage

Se poudre à chaque instant d’un grésil de chiffon

Et masque sous sa peau les rides d’un griffon

Que les arbres du parc bercent de leur ombrage.

 

Le rouet d’une fée assise à son ouvrage

Lance des feux follets dont un jeune bouffon

Recueille les couleurs dans un beau carafon

Posé sur une dalle aux vertus de mirage.  

 

Des bouquets de senteurs et des fleurs de corail

Rouillent l’éternité d’une couche d’émail,

Evidant le soleil de sa pulpe de sable.

 

Puis passe cet instant étouffé de douleur

Que l’esprit appauvrit d’une larme de peur

Devant le nom gravé d’un être irremplaçable.

 

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2011

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31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 18:29

 

 

dessin-d-enfant.jpg

 

 

 

Poivré de cuivre et d’or sous de riants cormiers

Un chemin oublié se fond au pâturage

Dont le soleil d’automne avive le visage

D’une plume de vent empruntée aux ramiers.

 

Des crayons de couleurs tirés droit des plumiers

Colorent la rivière à l’ombre d’un nuage

Que le ciel barbouillé sur le bord de la page

S’amuse à déplacer comme sur des damiers.

 

Un feu de cheminée et le toit d’une grange

Dansent un pas de deux sur un air de vendange

Sous un tulle de brume imbibé de cristal.

 

Le jour se fane un peu laissant sa place au rêve,

Et dans un vieux panier qu’un brin de nuit soulève

On peut apercevoir un grenier sidéral.

 

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2011

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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 02:52

 

 

 

Portail-d-ecailles.jpg

 

 

 

Au travers d’un vitrail coloré de vanille

Un hautbois en cristal caresse le matin

Dont les volutes d’or d’un demi cadratin

Tracent sur les pavés des lacets d’espadrille.

 

Des flammes de dentelle aux blondeurs de charmille

Jaillissent de tiroirs d’où des plis de satin

Eclaboussent la peau d’un prince palatin

Habillé d’un parfum à l'eau de camomille..

 

La nacre d’un jasmin incrusté de velours

Pétille dans l’azur comme le feu des fours

Que la braise du fleuve embrase de sa bouche.

 

Des oiseaux merveilleux au plumage bleuté

Tressaillent de plaisirs à chaque cri farouche,

Puis Séville s’éveille aux lèvres de l'été.

 


 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2011

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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 17:12

 

Bruleau-de-souffles.jpg

 

 

Dans une immense salle où résonne un pipeau

Une dame en hennin debout au bord d’une arche

Contemple le soleil dans sa très lente marche

Vers l’horizon brûlant la pâleur de la peau.

 

Dans la plaine lointaine où repaît un troupeau

Un jeune berger blond  à la fière démarche

Impassible et hautain comme un faux patriarche

Brille du fourbe éclat d’un modique oripeau.

 

Dans la cour du château une voix cristalline

Sonnant vépre au clocher plie à sa discipline

Le rêve virginal et la soif de la chair.

 

Dans la prairie alors un vent glacé se lève

Balayant le démon d’une gifle d’éclair

Car c’est ainsi qu’en vain la tentation s’achève.


 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2011

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 19:27

 

 

 

paravent-de-cave.jpg

 

 

Dans la nuit d’une grotte où coule une rivière

Des anges de cristal suspendus aux rochers

Comme les fils d’un temps descendu des clochers,

Tissent des chiffons d’eau qu’ils portent en brassière.

 

La  lance de silex d’un fier porte-bannière

Scintille au bruit furtif d’une horde d’archers

Dont les gouttes de plomb éteignent les bûchers

Où brûlent des couleurs à la riche poussière.

 

Déployant à son cri les parois de tuffeau

Une chauve souris traverse ce caveau

D’où naissent les cours d’eau d’une larme sereine

 

Et dans l’obscurité bouillonnant de froideur

Passe une créature à l’étrange splendeur

Qui deviendra bientôt le blason d’une reine.

 

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2011

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 23:08

 

 

conte-du-soir.jpg

 

 

 

Dans le jardin de Jean des étoiles de sel

Gorgent une tortue aux feuilles de salade,

Et charment les grillons d’une joyeuse aubade

Dont les fraises des bois boivent le caramel.

 

Des sillons de persil au buis d’un carrousel

Une chenille en soie en retard d’escapade

Presse son pas feutré contre une palissade

Où s’endort un chaton au ronron de missel.

 

Un criquet critiquant l’absence de femelle,

Trouble, dans son sommeil, de sa voix de crécelle,

Une jeune fourmi rêvant d’un papillon.

 

Puis la lune se glisse au bord de sa litière

Et saupoudrant de sable un monde sans frontière

Elle berce la nuit du bout d’un aiguillon.

 

 

Francis Etienne Sicard Lundquist © 2011

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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 21:52

 

 

 

Berlin-Friedrichstrasse.jpg

 

 

 

D’un boulevard éteint sous les rires d’un pitre

Au parc poudré de nuit d’un quartier cauteleux

L'enclave se replie au bord d’un temps moelleux

Que la frontière clot de sa glace de vitre.

 

Des notes de tuba s’échappent d’un pupitre

Egrenant le plaisir d’un couple d’amoureux,

Protégés du regard des gardes buissonneux

Postés le long du mur aux froissements d’élytre.

 

Un libre miséreux s’approche lentement

D’un banc couvert de neige où repose un moment

La ville toute entière en robe de princesse.

 

Puis la lune se glisse entre les vagues d’or

Des vitrines de mode où s’endort une ivresse

Dont Berlin se tapisse aux vents d’un sextuor.


 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2011

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24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 21:45

 

 

 

Cloitre-et-passion.jpg

 

 

 

En effaçant l’esprit des mots de l’univers

Le blanc comme le noir dissolvent la mémoire

Dans un bain de couleurs aux reflets de la moire

Que l’automne en silence aperçoit à l’envers.

 

Proches des marbres purs où naissent les hivers

Des portiques de feu aux secrets de grimoire

Trompent l’œil enchanté par des portes d’armoire

Que le vent fait claquer le long de murs dévers.

 

Des flammes de bougie au bord d’un précipice

Parfument le désert d’une touche d’épice,

Fondant l’or du soleil dans un creuset de miel.

 

Une pendule alors sonne enfin l’ouverture

Des écluses d’un temps dont la bouche du ciel

Jalouse la jeunesse offerte à l’écriture.

 

 

Francis Etienne SIcard Lundquist ©2011

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  • Lettres de soie rouge
  •  Ce blog a pour but d'exposer des pages de poésie, ornées de textes, d'images et de mélodies, pages écrites au fil des jours et, de rassembler des fragments de lumière comme à travers les cristaux d'un kaléidoscope. Il est ma première étude
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