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26 décembre 2015 6 26 /12 /décembre /2015 21:50
Vannerie de roseaux

En effeuillant les mots d’une pointe à tison

La parole dès l’aube effile la mémoire

D’une serpe en argent dont la lame de moire

Tranche le fil nacré d’un obscur horizon.

 

Un navire fuyant devant la trahison

Foule de son sillage une ombre de grimoire

Posée au fond de l’eau comme un serpent de foire

Dévorant les barreaux d’une antique prison.

 

Des cymbales de cuivre ébruitent dans la foule

Le retour de la nuit dans un buisson de houle

Que des masques de cire attirent vers le port.

 

Quelques femmes sans nom boursouflent le silence

Et puisant dans le sel des débris d’opulence

Gémissent en tremblant sur le poids de leur sort.

   

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2015

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25 décembre 2015 5 25 /12 /décembre /2015 21:58
Jour de Noël

Des pages de nuit blanche et leur poudre d’argile

Paillettent le désert d’une brume d’argent

Dont le parfum nacré marbre l’orbe émergeant

De la dentelle d’or d’une étoile fragile.

 

D’une lettre tracée au cœur d’un évangile

Jaillissent les ruisseaux d’un gouffre regorgeant

D’une lune de soie à l’éclat mélangeant

Le miel de l’églantine aux jeûnes de vigile.

 

Sous un drap de lin pur tremble l’éternité

Comme un souffle présent à la nativité

Entre le vent d’hiver et le fil d’une flamme.

 

Puis une fleur de chair ouvre son cœur puissant

Pour mêler de la joie au terreau de notre âme

En versant du soleil dans le vin de son sang.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2015

 

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21 décembre 2015 1 21 /12 /décembre /2015 21:45
Philosophie d'usage

Une valse éventée au soupir d’un vitrail

Parfume l’air du soir d’une goutte d’orange

Dont le sucre brûlant redessine la frange

D’un nuage échappant du ris d’un soupirail.

 

Un hanneton bardé de tout son attirail

S’avance à pleine voix sous le mur d’une grange

Contre un lézard fourbu qui malgré lui dérange

L’ordre de l’univers et la paix du sérail.

 

D’un éclair de sa langue il réveille du songe

Son vassal le grillon sans user de mensonge

Exigeant le silence et le respect du roi.

 

Ainsi naquit un jour d’une simple broutille

Le désir dévorant de sonner le beffroi

Dès qu’un singe prétend aux droits de pacotille.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2015

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20 décembre 2015 7 20 /12 /décembre /2015 20:50
Infarctus

Dune boîte de soie à la pâleur de lune

Une dague en miroir coule comme un sanglot

Dont l’éclat de rubis perce de son brûlot

Le soir emmailloté d’une larme de prune.

 

Des mots pliant les bancs d’un jardin de fortune

Volent de toute part dans un bruit de complot

Que parfois assourdit le croc d’un javelot

Planté par une main qu’attise la rancune.

 

Un voilage de ronce égratigne le vent

Perlé du long soupir d’un dimanche d’avent

Où la prière émeut la voûte de l’église.

 

Puis des brocs de sueur versent leur long venin

Sur le feu de la chair que le mal saturnin

Serre comme un mouchoir au fond d’une valise.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2015

 

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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 22:11
Passerelle à mirages

Près d’un soleil de paille au fond d’un ciel frileux

Une âme se blottit contre un mur de silence

Et caresse le soir dont l’extrême opulence

Coule comme une braise aux arômes moelleux.

 

Quelques bouquets d’ivoire aux pouvoirs fabuleux

Plongent le souvenir dans une somnolence

Où blanchissent les mots et leur douce indolence

Dans des pots de cristal couverts d’or flosculeux.

 

Une vierge s’émeut d’une larme timide

Epousant le soleil dans une pyramide

Dont la pierre polie éparpille l’encens.

 

Le voyage du cœur est un profond mystère

Qui traverse le temps aux griffes de zostère

Pour échapper au bruit qui suinte des sens.  

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016@Shortédition

 

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4 décembre 2015 5 04 /12 /décembre /2015 21:41
Franges de soif

Une tache de nuit comme un fruit d’étincelle

Enrobe la forêt où se couche le soir

Dans le brouillard bleuté d’un lointain encensoir

Que l’argent de la lune orne de son ocelle.

 

Un nuage descend au bout d’une ficelle

Et dépose de l’or autour d’un ostensoir

Dont l’éclat se dissout au jet d’un aspersoir

Effrayant le silence au bruit d’une escarcelle.

 

Les mots tressent du sable au bord de l’océan

Pétris dans les couleurs d’un arc-en-ciel géant

Qui recouvre le temps d’un souffle de mantille.

 

Déjà pourtant se meurt sous les plis de la peau

Le désir de goûter au sirop de myrtille

Et de puiser du vent aux flammes d’un drapeau.

  

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2015

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1 décembre 2015 2 01 /12 /décembre /2015 22:39
Céleste titulature

 

Sous un scellé de corde aux frontières de l’eau  

Le pharaon étend sa main d’or et d’ivoire

Sur les trônes d’un monde où l’art divinatoire

Ouvre dans le soleil les portes d’un caveau.

 

Des anges par milliers débrouillent l’écheveau

De mots écrits par cœur sur les murs de l’histoire

Que de puissants graveurs ont recouverts de moire

En égrenant le temps dans un long caniveau.

 

Le cortège royal foule une palme d’astre

Dont la cendre viendra remplir un alabastre

Lorsque la pierre aura le pouvoir de régner.

 

Ainsi s’offre au grand prêtre une part de l’offrande

Que le soir titubant apprend à dédaigner

Comme une fleur blottie en plein cœur de la brande.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2015

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30 novembre 2015 1 30 /11 /novembre /2015 21:57
Oiseaux de proie

Ils écoutent la nuit glisser de sa coquille

Pour laver une étoile à l’eau d’un ruisselet

Qui coule de la lune au pied d’un castelet

Dont les tours de papier sentent bon la jonquille.

 

La cendre des émaux que le sable maquille

D’un velours de couleurs moule le corselet

D’une étoile en cristal dont le fin mantelet

Flotte dans l’univers comme un vaisseau sans quille.

 

Des brises de parfum attisent à plaisir

Des braises, des embruns et des bris de désirs

Eparpillés dans l’âtre où se consume une ombre.

 

Puis ils foulent la terre au bord de l’horizon

Et prenant le soleil pour un ardent tison

Ils traversent le ciel que la lumière encombre.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2015

 

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27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 23:42
Fallacieuses eflluves

Comme un dé qui s’enroule autour d’un pur hasard

Ainsi s’écoule l’eau d’une lèvre de vasque

Sous le souffle épuisé d’une longue bourrasque

Qui lèche le ciel bas rongé par le blizzard.

 

Des bandes de grêlons aux griffes de lézard

Traversent la fournaise où grouille une tarasque

Dont l’ombre étend la mort jusques aux traits d’un masque

Posé sur le roc nu d’un effrayant puisard.

 

Un charroi de varans embourbé dans la vase

S’enfonce dans la nuit poursuivant une phrase

Enchaînée au destin d’un sombre malandrin.

 

Puis le verre se brise et la flamme se vide

De son éternité par la bouche livide

D’un juge s’effondrant au cœur du sanhédrin.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2015

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25 novembre 2015 3 25 /11 /novembre /2015 21:45
Perce-neige en soie blanche

 

Un doigt touche le jour et le soleil se lève

Comme un cercle d’or pur se fondant sans douleur

Aux feuilles d’un cahier dont la douce couleur

Inonde le sommeil de son vitrail de rêve.

 

Des voiles de parfums nourrissent à leur sève

L’horizon maculé de taches de chaleur

En glissant dans le ciel la touche de pâleur

Qui fleurit le satin d’une fugace grève.

 

Une dernière étoile éteint le firmament

Puis gribouille des noms sur son long testament

En souvenir d’un temps écoulé sur la terre.

 

L’ange à l’aube de feu tresse alors un rayon

Et lance dans le ciel des confettis de verre

Effleurant une bulle ébauchée au crayon.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2015

 

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23 novembre 2015 1 23 /11 /novembre /2015 21:09
Vision sous un frisson de peur

 

Les bras couverts de cendre et le cœur transpercé

Un homme en grande errance efface de sa vie

Les traces d’un passé dont l’exquise exuvie

Sèche sous le soleil que la mer a gercé.

 

Il porte le secret dont le temps a bercé

La rive d’un silence où la plus noble envie

Sombre sous un couteau que le printemps dévie

Vers le deuil d’un lopin plusieurs fois retercé.

 

Son regard a maigri comme une feuille morte

En ouvrant par hasard une dernière porte

Car sous les buissons noirs se cachent des serpents.

 

Puis lassé de souffrir il enfonce une dague

Dans la terre blottie à peine à deux arpents

D’une tombe creusée au revers d’une vague.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2015

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22 novembre 2015 7 22 /11 /novembre /2015 22:54
Sable mouvant

Découpant de ses doigts une image du monde

Le poète ensorcelle avec ses mots rouillés

Les coraux de cristal  que la pluie a mouillés

D’une brume de sang comme une fleur d’osmonde.

 

Il fabrique du temps dans un creuset immonde

Où renaissant de l’eau les livres gribouillés

Sur des plumes de paon ont été bafouillés

Par le vent d’une mer que le désert émonde.

 

Son âme est un couteau dont la lame d’acier

Caresse la pâleur de sa peau de sorcier

Chaque fois que se meurt le souffle d’une page.

 

Mais que valent ses jours aux yeux du voyageur

Qui déchire le bruit d’un sentiment rageur

Devant tant de noblesse et si peu de tapage ?

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2015

 

 

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21 novembre 2015 6 21 /11 /novembre /2015 22:52
Loi du passage

 

Quelques flocons de lune en porcelaine blanche

Sèment des grains de lin sur les toits d’un château

Entouré par la nuit de son bois marmenteau

Où fondent les remous d’une douce avalanche.

 

Sous l’organdi bleuté de son royal manteau

Elle danse à pas nus sur l’immense palanche

D’une flèche tendue entre son cœur qui flanche

Et sa chair pailletée aux éclairs d’un couteau.

 

Dans les caves du soir une poussière d’or

Brûle un voile de brume au bout d’un corridor

Qui conduit à la nuit par un porche de marbre.

 

On raconte parfois que le destin sourit

A celui qui se donne au feu qui se nourrit

De la grâce d’un astre et de l’ombre d’un arbre.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2015

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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 22:06
Scène d'automne

Sous un ciel de satin l’édredon du brouillard

Enroule la forêt dans un drap de fourrure

Où se perdent des mots recouverts de dorure

Quand passe près du bourg un sombre corbillard.

 

Une boule d’ivoire empruntée au billard

Scintille au firmament sous la lourde parure

De rubis flamboyants comme une déchirure

Au dos d’un gant de peau porté par un pillard.

 

Le velours de la plaine étale sur la terre

Une mousse de brume à la grâce du verre

Diaprant l’horizon d’un rouge cardinal.

 

Une goutte de glace enlace la rivière

D’une larme froissant des fleurs de sansevière

Puis verse son parfum sur le feu virginal.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2015

 

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19 novembre 2015 4 19 /11 /novembre /2015 22:46
Vérité de menteur

Plante au cœur de ta vie une graine d’orange

Et cours sous le soleil pour respirer l’odeur

D’une vague en rouleau cachant avec pudeur

Sa dentelle de sel que le zéphyr effrange.  

 

Ecoute le matin remuer dans la grange

A l’heure où le sommeil de ton chien clabaudeur

S’ébroue au fil d’un jour sortant de sa torpeur

Comme un loir endormi que la chaleur dérange.

 

Regarde cette étoile à la peau de cristal

Qui tremble sous le poids d’un temps monumental

Dont tes yeux de vingt ans contemplent la paresse.

 

Puis pose sur sa joue un baiser sans un bruit

En songeant que l’amour est un état d’ivresse

Où nous perdons nos sens pour la pulpe d’un fruit.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2015

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  • Lettres de soie rouge
  •  Ce blog a pour but d'exposer des pages de poésie, ornées de textes, d'images et de mélodies, pages écrites au fil des jours et, de rassembler des fragments de lumière comme à travers les cristaux d'un kaléidoscope. Il est ma première étude
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