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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 22:06
Scène d'automne

Sous un ciel de satin l’édredon du brouillard

Enroule la forêt dans un drap de fourrure

Où se perdent des mots recouverts de dorure

Quand passe près du bourg un sombre corbillard.

 

Une boule d’ivoire empruntée au billard

Scintille au firmament sous la lourde parure

De rubis flamboyants comme une déchirure

Au dos d’un gant de peau porté par un pillard.

 

Le velours de la plaine étale sur la terre

Une mousse de brume à la grâce du verre

Diaprant l’horizon d’un rouge cardinal.

 

Une goutte de glace enlace la rivière

D’une larme froissant des fleurs de sansevière

Puis verse son parfum sur le feu virginal.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2015

 

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19 novembre 2015 4 19 /11 /novembre /2015 22:46
Vérité de menteur

Plante au cœur de ta vie une graine d’orange

Et cours sous le soleil pour respirer l’odeur

D’une vague en rouleau cachant avec pudeur

Sa dentelle de sel que le zéphyr effrange.  

 

Ecoute le matin remuer dans la grange

A l’heure où le sommeil de ton chien clabaudeur

S’ébroue au fil d’un jour sortant de sa torpeur

Comme un loir endormi que la chaleur dérange.

 

Regarde cette étoile à la peau de cristal

Qui tremble sous le poids d’un temps monumental

Dont tes yeux de vingt ans contemplent la paresse.

 

Puis pose sur sa joue un baiser sans un bruit

En songeant que l’amour est un état d’ivresse

Où nous perdons nos sens pour la pulpe d’un fruit.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2015

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18 novembre 2015 3 18 /11 /novembre /2015 22:07
Pastiche de poète

A la pâle lueur d’une horloge à secrets

Des larmes en cristal roulent d’une fontaine

Brûlant à leur lumière un gant en tiretaine

Qui trempe ses doigts d’or dans de l’eau sans regrets.

 

Des chansons à soldats dans tous les cabarets

Couvrent de leur fracas des bris de turlutaine

Dont parfois une dame à la figure hautaine

Repousse la laideur dans les lacs de ses rets.

 

La maigreur d’une aiguille emprisonne la vie

De sa frêle couleur que le soleil envie

Comme un pastel mouillé d’une goutte d’émail.

 

Rouille alors sous les mots une fleur d’aubépine

Dont le ciel paresseux dévore le corail

Pareil à ces devins qu’un songe turlupine.

 

 Francis Etienne Sicard Lundquist ©2015 

 

 

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17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 22:21
Fausse piastre

Une branche de sable au feuillage de moire

Flotte dans l’univers comme un gant de brouillard

Que le vent sidéral au souffle de vieillard

Gonfle de quelques mots tirés de la mémoire.

 

Un carrosse fleuri cache sous un grimoire

Des sorts de pacotille ôtés d’un corbillard

Qui traverse l’empire où l’or noir d’un pillard

Fond dans des pots de miel tout au fond d’une armoire.

 

La présence d’un nain sur la route du sel

Renforce le présage écrit dans un missel

Par un ange de feu pétrissant de la manne.

 

Or d’un sommet perdu dans ses retranchements

Descendent les débris de vains attachements

Aux cartes de ce jeu que bannit toute arcanne.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2015

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16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 22:37
Cortège de couleurs

Une âme en papier d’ombre épelle le destin

Cachée au cœur d’un cierge où se couche la brise

D’un soir que le brouillard et l’eau de la banquise

Dorent du voile blanc d’un infini festin.

 

Une cloche grelotte à l’appel clandestin

D’un oisillon fané sur le toit d’une église

Où la flamme du ciel au parfum de cerise

Gargouille comme un fruit au fond de l’intestin.

 

La rue évente l’or d’un riche lampadaire

Sur les pavés criblés des pas d’un dromadaire

Quittant l’éternité pour un désert lointain.

 

C’est en vidant les mots que plus tard le rivage

Ouvrira le trésor d’un sombre sarcophage

Recouvert de velours et de miroirs sans tain.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2015

 

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15 novembre 2015 7 15 /11 /novembre /2015 22:15
Requiescant in Pace

Plongé dans de la cendre un cri perce l’abîme

Qui sépare le temps en deux larmes de chair

Comme des crocs de sang aux bouches d’un éclair

Dévorent le silence à la douleur du crime.

 

Tous les cristaux des yeux s’effondrent d’une cime

Où le dernier instant suspend dans un trou d’air

Le regard qui se ferme au crépuscule clair

D’une nuit infinie offerte à la victime.

 

Des ruisseaux de rubis jaillissant de la peur

Enrobent le soleil d’une lourde vapeur

Dont les gouttes de feu brûlent la joue éteinte.

 

Puis le marbre se moule autour des yeux brisés

Qu’un glas refermera de sa mesure feinte

A force de ronger les discours épuisés.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016@Shortédition

 

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13 novembre 2015 5 13 /11 /novembre /2015 22:06
Jeux de sapience

 

En cueillant le soleil comme une fleur de mai

Le funambule écosse une gousse d’étoile

Dont les grains de lumière éclaboussent la toile

D’un ciel gorgé de miel jusqu’au plus haut sommet.

 

D’un pas glissant sur l’or que le désir promet

Il avance soufflé par une ombre de voile

Dont la chair de lin cru lentement se dévoile

Au bout d’un fil tendu comme un gros guillemet.

 

Des paillettes de mots jaillissent de la foule

Dont la vague d’amour a soulevé la houle

D’un océan de mains implorant le pardon.

 

A l’albatros qui passe au-dessus de sa tête

Il jette alors un sort dont le cœur du chardon

Ajoute la couleur à ses plaisirs d’esthète.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2015

 

 

 

 

 

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12 novembre 2015 4 12 /11 /novembre /2015 22:38
Crépuscule d'ivoire

Quelques taches de mauve avivent à leur rouille

Les lambris d’un palais où l’ardoise des toits

Moule des bouts de jours sous le regard matois

De marronniers en fleurs que le soleil gribouille. 

 

Sur le sable du soir l’âme d’une gargouille

Allonge son long cou d’un air presque courtois

Au-dessus d’Apollon dont le divin carquois

Menace de bonheur le cœur d’une grenouille.

 

Le ciel scintille d’or sous sa cape en velours

Parfumant les jardins et la crête des tours

D’une brume de songe à la peau de dentelle.

 

Il se faufile alors par les huis de miroirs

Une foule de mots qui quittent les tiroirs

Comme les papillons l’ombre d’une tonnelle.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2015

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11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 22:22
Livre d'images

Dans un jardin moussu caché près d’un ruisseau

Poussent des arcs-en-ciel dont la soie écarlate

Drape les lys en feu d’une riche cravate

Que des gouttes de pluie irisent d’un faisceau.

 

Des mains d’une sirène éclot un arbrisseau

Dont les fruits mordorés parfument un mainate

Qui picore joyeux la chair si délicate

D’une lune d’argent couchée au bord d’un seau.

 

Quelques raisins muscats cachés dans une treille

Tendent leur joue ambrée à la salsepareille

Qui s’enroule à leur pampre avec suavité.

 

Mais lorsque le soleil referme sa fenêtre

Une hirondelle en vol dans sa robe de prêtre

Sème des grains de nuit devant l’éternité.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2015

 

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10 novembre 2015 2 10 /11 /novembre /2015 22:22
Poix et poison

Il faut clouer les murs avec des cris de rage

Et ronger le soleil comme un appas pour rat

Jusqu’à ce qu’un évêque en habit d’apparat

Bénisse les larcins avec peu de courage.

 

Sous des boîtes de mots qui gardent du cirage

Pour salir des enfants suivant un magistrat

L’un taquine la truie et l’autre le verrat

Sans chercher à puiser de l’eau dans le mirage.

 

Le mensonge se vend comme du sucre roux

Dont les femmes du port attisent le courroux

Par besoin de semer des paroles de honte.

 

Pourquoi briser alors les flaques de l’enfer

D’une hache d'ivoire en inondant la mer

D’un dé d’écume blanche ou d’un baril de fonte ?

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2015

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9 novembre 2015 1 09 /11 /novembre /2015 22:37
Au caravansérail

A la hâte il écrit quelques mots sur un banc

Le cœur désespéré devant tant d’ignorance

Comme si son pouvoir entrait en déshérence

Dans un monde couvert de la peau d’un turban.

 

Des forges de la nuit coule de l’oliban

Parfumant le désert dans sa profonde errance

Sur des dunes de sable où des fleurs de garance

Tachent la solitude à l'encre ruban.

 

Pierre à pierre un vaisseau décharge l’esclavage

Et lèche le soleil couché sur le rivage

Dans la gueule d’un sphinx croisé par le chemin.

 

L’écorce d’un palmier emmaillote la lune

Dans un drap de raphia blanc comme un parchemin

Qui  trahira pourtant les diseurs de fortune.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2015

 

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8 novembre 2015 7 08 /11 /novembre /2015 21:35
Graines d'astres

 

En ouvrant le tiroir qui contient l’écriture

Les mains tremblent de joie et cherchent la couleur

Qui remplira les mots de ce parfum de fleur

Dont les enfants feront des pots de confiture.

 

Loin des plis du papier quelques traits de rature

Tissent des bouts de temps sans aucune valeur

Ciselés comme l’eau fondant sous la chaleur

D’un brasier attisé par l’or de la nature.

 

Des gerbes de lumière ouvrent à l’horizon

Une boîte à bijoux que le feu d’un tison

Remplit de souvenirs au parfum de guimauve.

 

Et comme Cendrillon quitte déjà le bal

Le conte s’est glissé sous le voile tombal

D’une larme mêlée aux feuilles de la mauve.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2015

 

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7 novembre 2015 6 07 /11 /novembre /2015 22:17
Traits de pastel

Comme un quartier d’orange ancré dans un vitrail

Le soleil s’est gonflé d’une sève de figue

Dont le sucre engourdit d’une lente fatigue

Le regard d’un lézard sorti d’un soupirail.

 

Le caramel nacré d’un éclat de corail

Enrobe les couleurs des poires de garrigue

D’un voile de satin que la vigne prodigue

Etale dans le ciel comme sur un foirail.

 

Le feuillage cuivré d’un arbre centenaire

Sème son ombre d’or sur une saponaire

Blottie au cœur du vent dans un dé de cristal.

 

Puis la brume du soir emmaillote de laine

Les bosquets endormis tout au fond de la plaine

Contre les murs rosés d’un vieux château comtal.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2015

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6 novembre 2015 5 06 /11 /novembre /2015 21:54
Exercise d'extase

Une sombre liqueur au creux d’un fin cratère

Scintille comme un feu traversé par la peur

Irisant le soleil d’une lourde vapeur

Dont s’abreuve une fée aux griffes de panthère.

 

Un ciel constellé d’or rajoute à ce mystère

Des gants d’argent brodés par un reflet trompeur

Qu’un nuage de sang tire de la torpeur

Des siècles écoulés au fond d’un monastère.

 

Les grelots d’une bête éveillent les instincts

En mêlant de la boue à ces souffles succincts

Qui foulent le rivage avec des yeux d’éponge.

 

Or la mer animale engloutira la chair

De la banquise en larme où le dernier mensonge

Se mourra sur le sol dans un fracas d’éclair.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2015

 

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5 novembre 2015 4 05 /11 /novembre /2015 22:19
Retour sans fin

Une bouche entrouverte aux plaisirs de toucher

Le velours de la nuit de sa lèvre indocile

Sourit comme une étoile entrant dans un pœcile

Dont les murs de satin cessent d’effaroucher.

 

Une pointe de fer luit pour escarmoucher

Les papillons du soir à la robe gracile

Qui trempent les couleurs de leur nom difficile

Dans les yeux étonnés d’un effrayant boucher.

 

Quelques cierges brûlant un reste de vanille

Couchent des gouttes d’or sur des peaux de chenille

Que le vent en passant glace de son émail.

 

Une frêle coquille embaume le rivage

De sa senteur mêlée aux larmes du corail

Puis s’effrite en cristaux sur le bord de la page.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2015

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  • Lettres de soie rouge
  •  Ce blog a pour but d'exposer des pages de poésie, ornées de textes, d'images et de mélodies, pages écrites au fil des jours et, de rassembler des fragments de lumière comme à travers les cristaux d'un kaléidoscope. Il est ma première étude
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