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31 octobre 2015 6 31 /10 /octobre /2015 22:45
Nil sine numine

Lhorloge du savoir sonne une heure de cendre

Forgeant un serpentin d’un bout de kaolin

Que des bruits de ferraille écrasent au merlin

Pour épuiser le soir déjà prêt à se vendre.

 

Un escalier de fer que le vent a pu fendre

Laisse voler des mots écrits sur du vélin

A l’encre d’un soleil qu’on recouvre de lin

Pour que vienne ce temps que personne n’engendre.

 

Pour traverser la nuit et son vide béant

Il faut le cristal noir d’un cratère géant

Où s’embrase le cuivre à l’or d’une chandelle.

 

Alors pourquoi chercher sur la route du port

Les traces d’un baiser que parfois l’hirondelle

Jette sur le gravier comme un bout de bois mort ?

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2015

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30 octobre 2015 5 30 /10 /octobre /2015 23:14
Berceuse sans parole

La neige froisse l’air de sa mousse d’œillet

Dont le jardin frileux se pare avec tendresse

Comme d’un organdi qui couvrirait l’ivresse

D’une nuit assoupie au bord d’un oreiller.

 

Sous un toit en fourrure un traversin douillet

Tout recroquevillé sur sa propre paresse

Frisonne en s’endormant à la douce caresse

D’une lune d’argent qui gribouille un feuillet.

 

Le fronton des sapins parés de mousseline

Couvre l’éternité d’un drap de popeline

Que le blizzard soulève avec légèreté.

 

Une plume fondante aux lèvres d’un nuage

Signe d’un bout de glace un billet cacheté

Au souffle de ce mot qui referme ma page.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2015

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29 octobre 2015 4 29 /10 /octobre /2015 21:25
Fardeau de sable

Comme des bulles d’or les fleurs de notre enfance

Dansent au fond de nous en remplissant nos cœurs

De parfums capiteux et de dés de liqueurs

Que nous buvions toujours malgré toute défense.

 

Si souvent nous brisions un regard sans offense

D’un mot de porcelaine où nous cachions vainqueurs

Des rêves alourdis par des rires moqueurs

C’est que nous méprisions les larmes de la chance.

 

Et qu’importait alors l’avenir du démon

Qui creusait dans nos chairs des ruisseaux de limon

Puisque nous ignorions les souillures de l’âge ?

 

Est-ce donc le silence où nous trouvions ce temps

Qui s’est fondu un jour dans un dernier printemps

Dont aujourd’hui nos doigts ouvrent enfin la cage ?

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2015

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28 octobre 2015 3 28 /10 /octobre /2015 22:58
Chiffon d'éternité

Aux bouches du silence où s’abreuve la nuit

Viennent boire parfois sous l’or d’une guipure

Des femmes en sari dont le regard épure

Le galbe d’une étoile à la pâte de fruit.

 

L’ombre fond son métal au sucre d’un biscuit

Comme un parfum de mangue à la douceur si pure

Que le vent du désert couvre de sa jaspure

Une dune soufflée au plumage d’un bruit.

 

La rouille ronge l’eau d’une goutte de sable

Et mouille le satin d’un drap insaisissable

Tendu contre le ciel au-dessus de la mer.

 

Quelques perles de sang roulent sur le rivage

Puis sombrent dans l’oubli d’un capiteux breuvage

Que la vague dilue à son ressac amer.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2015

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27 octobre 2015 2 27 /10 /octobre /2015 21:21
Poudre de temps

La lune et sa broussaille envahissent la place

Où se glisse en cachette un reflet de miroir

Entre les ceps de vigne et la peau d’un terroir

Découpé dans le grès d’une cruche de glace.

 

Une étoile de foin que l’avenir déplace

Vers des grottes en cendre en plein cœur d’un mouroir

File à son doigt de feu des secrets de tiroir

Dont le silence meurt aux portes d’un palace.

 

Un fantôme oublié s’évanouit de peur

Comme un singe frappé d’une étrange stupeur,

Invisible beauté devant l’ombre d’un songe.

 

Quel fabuleux royaume aux yeux  du vieux grimaud

Que celui d’une image attisant le mensonge

De sa pointe de sel rougie au chalumeau ?

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2015

 

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26 octobre 2015 1 26 /10 /octobre /2015 21:17
Contemplation d'esthète

Pour des bouts de velours taillés dans l’or de l’eau

La nuit prête son âme aux anges de passage

Que des voiles de feu habillent d’un corsage

Aux couleurs d’un éclair posé sur un tableau.

 

Le vent froisse la pluie aux feuilles d’un bouleau

Murmurant à son souffle un étrange message

Dont la frêle parole enivre l’homme sage

D’un sommeil alourdi par un bruit de rouleau.

 

Au flamboyant fronton des vagues sous l’écume

Des langues de vanille écrasent sur l’enclume

Des cristaux de soleil fondant comme du miel.

 

Au bord de la falaise aux paupières de craie

On voit soudain passer dans un lambeau de ciel

Le fantôme d’un mot aux griffes d’une orfraie.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2015

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21 octobre 2015 3 21 /10 /octobre /2015 19:55
Big Ben

La pendule a tissé une larme de laine

Au-dessus de la rue où déjà sans soucis

Le pas du promeneur hachure le glacis

De trottoirs rutilants comme la porcelaine.

 

Le parfum de la pluie au goût de marjolaine

Ensorcelle le temps dans l’or de ses lacis

Dont parfois le passant d’un regard imprécis

Repousse le poison par un souffle d'haleine.

 

Des aiguilles d’émail suspendent le sommeil

A des reflets de feu fondus dans le vermeil

D’un garde-fou suivant le cours de la Tamise.

 

Loin des cloches de bronze une mouette au sol

Picore des bruits sourds et prenant son envol

Emporte dans son cœur un brin de friandise.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2015

 

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10 octobre 2015 6 10 /10 /octobre /2015 21:10
Marbrerie de palais

Le long des rives d’or les vagues de la nuit

Frôlent les quais meurtris par des éclats de nacre

Dont la fourrure fond aux lanternes d’un fiacre

Comme de la dentelle à la saveur de fruit.

 

L’aube sous la glycine en pâte de biscuit

Teinte de son velours la pulpe d’une macre

Posée au bord du temps en guise d’ambulacre

Pour un soleil mourant que la brume séduit.

 

L’eau se mêle aux regards qui glissent de la lune

A la pointe de mots flottant sur la lagune

Au gré de nénuphars à la chair de satin.

 

Tout frisonne de soif d’une commune bouche

Effleurant des parfums dont la beauté farouche

Emprisonne les sens d’un brusque serpentin.  

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2015

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29 septembre 2015 2 29 /09 /septembre /2015 21:19
Masques de mots

Il danse au bout des doigts des papillons de lune

Qui roulent leurs couleurs dans des pots de brouillard

Habillant le soleil d’un chapeau de vieillard

Dont le feutre se fond aux eaux de la lagune.

 

Au souffle du zéphyr l’aile de la Fortune

Tourne au-dessus d’un monde où le bruit d’un billard

Résonne dans la nuit suivant un corbillard

Comme un collier de jais que le jour importune.

 

Des flaques de silence abritent des reflets

Dont les lambeaux de marbre attisent des soufflets

Rougissant les canaux d’une glaire de braise.

 

La mer brouille le temps barbouillé de chagrin

Et dissout lentement au cœur de sa fournaise

Ce poème broyé comme un boisseau de grain.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2015

 

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28 septembre 2015 1 28 /09 /septembre /2015 21:10
Naufrage

En effritant le jour à grands coups de bâtons

Le vent de l’univers verse de l’orangeade

Sur des astres de plomb dont le troupeau nomade

Erre comme un soleil qui se lève à tâtons.

 

La laine de la nuit au fil de ses matons

Ebouriffe le miel d’une claire cascade

Que des roches en feu recouvrent de leur jade

Epuisant tout espoir de maigres rogatons.

 

Sous l’ombre d’une échelle une branche de lave

Embrasse le charbon d’une célèbre épave

Où des âmes de glace ébruitent le malheur.

 

Puis la pluie envenime une plaie écarlate

Et broyant dans l’acier la dernière couleur

Tache le satin blanc d’un revers de cravate.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016@Shortédition

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14 septembre 2015 1 14 /09 /septembre /2015 20:28
Jarre d'astres

Les mots écrits par cœur sur un bout de visage

Colorent chaque jour d’un reflet de carmin

Dont l’ombre se découd d’un large parchemin

Où la pluie a posé des larmes de cirage.

 

Sur la toile du sable en effaçant l’image

De la mer endormie au bord d’un long chemin

Les heures vident l’or d’un boisseau de jasmin

Posé comme un soupir dans un trou du rivage.

 

Quelques barques le soir s’assoupissent en chœur

Ivres d’un crépuscule affinant sa liqueur

Dans une mousse bleue à la saveur de pêche.

 

Sous le chiffon froissé d’une lune d’email

La nuit déploie alors son immense éventail

Comme un gant de velours qui déroule une mèche.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2015

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2 septembre 2015 3 02 /09 /septembre /2015 20:15
Pantoufles de sommeil

Des pétales de sel rougissent l’horizon

De leur mousse de feu puis percent le silence

D’un ciel regorgeant d’or et de cette opulence

Qu’une fontaine boit comme l’eau d’un blason.

 

Le parfum d’un lilas en pleine floraison

Plonge tout le jardin dans une somnolence

Dont seul un rouge-gorge avec grande insolence

Trouble le doux plaisir de son diapason.

 

Des abeilles en fête ourlent de leurs vols d’ange

Les fleurs d’un cerisier qui lentement effrange

Son manteau de satin au souffle d’un lézard.

 

Le temps s’est endormi sur un coussin de sable

Emportant avec lui le rêve insaisissable

D’un nuage passant par le plus grand hasard.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2015

 

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31 août 2015 1 31 /08 /août /2015 21:05
Niaiserie de vieillard

Parfois par lassitude et parfois sans mémoire

Nos regards sèchent l’encre au bout de nos doigts gourds

Que le temps insensible à nos soupirs balourds

Referme sur nos cœurs comme des clefs d’armoire.

 

Les rides de nos mots qui brisent notre histoire

Se cachent sans espoir sous nos visages lourds

D’être restés fermés et souvent presque sourds

Aux plaintes des enfants qui cherchent de la gloire.

 

Nos images de plomb fondent sous le soleil

Et si nous renfermons nos cris dans le sommeil

C’est pour brûler l’encens d’un instant qui nous charme.

 

Pourtant au fond de l’âme un morceau de cristal

Irise à son éclat une goutte de larme   

Qui colore nos yeux d’un fond sentimental.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016@Shortédition

 

 

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30 août 2015 7 30 /08 /août /2015 20:23
Bougie de laque

Sous sa parure d’or la rade se blottit

Contre une mousse pâle aux reflets d’émeraude

Que le doigt d’une fée habilement ravaude

A l’aiguille d’un vent que la nuit travestit.

 

Des oiseaux fatigués presque sans appétit

Déchirent de leurs becs une bâche en thibaude

Qui couvre l’horizon où déjà la nuit rôde

Entre des murs de fer que le brouillard sertit.

 

Des gouttes de safran tachent le sable humide

Puis percent de leurs dents un pan de pyramide

Révélant les secrets des fosses de la mort.

 

Or près d’un temple vide au bord d’un lac de lave

Une voile qui claque en revenant au port

Annonce le retour d’un sinistre conclave.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2015

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29 août 2015 6 29 /08 /août /2015 20:55
Fragmentation du verbe

De la corde des mots à la peau d’une orange

Les mains du tisserand tressent un fin cordon

Dont les paillettes d’or ravissent un chardon

Posé sur le soleil comme des cheveux d’ange.

 

Des rubans de vermeil que le brouillard effrange

Flottent dans de la nacre au son lourd d’un bourdon

Languissant et traînard sonnant pour le pardon

D’une âme pécheresse aux prises avec la fange.

 

La paille d’un poème ouvert sur l’horizon

Enlace son feuillage aux larmes d’un tison

Qui consume le temps dans un bruit de mirage.

 

Autrefois cependant des perles de corail

Se fondaient à la nuit dont le sombre vitrail

Irisait le satin de la robe d’un mage.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2015

 

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  • Lettres de soie rouge
  •  Ce blog a pour but d'exposer des pages de poésie, ornées de textes, d'images et de mélodies, pages écrites au fil des jours et, de rassembler des fragments de lumière comme à travers les cristaux d'un kaléidoscope. Il est ma première étude
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