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10 décembre 2016 6 10 /12 /décembre /2016 22:33
Baume de miel

Sur la grève assoupie au bord de la lagune

Un rayon d’argent pur maquille un arlequin

D’une poudre de ciel au goût de marasquin

Que des oiseaux de mer jettent sous la Fortune.

 

Les palais drapés d’or sous les doigts de la lune

Plissent leur chair de marbre autour d’un baldaquin

Dont le velours gaufré tombe d’un lambrequin

Suspendu dans la nuit comme une ombre de dune.

 

Le long des ponts laqués par le brouillard hanté

Les fantômes du temps d’un seul geste ganté

Tissent le purgatoire à chaque réverbère.

 

Alors Venise en vain  sombre dans la beauté

Comme une femme nue offrant sa cruauté

Aux désirs impuissants d’un eunuque berbère.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016@Shortédition

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9 décembre 2016 5 09 /12 /décembre /2016 21:44
Stèle de chair

Des gouttes de cristal suspendent le brouillard 

A des branches de sel que l’aube aux doigts de nacre

Touche de sa couleur sous l’or d’un ambulacre

Où se cache un enfant qui suit un corbillard.

 

Poudré par le soleil un curieux vieillard

Sème des grains de temps dont le long simulacre

Eblouit les passants en plein cœur d’un massacre

Comme le papillon joue à colin-maillard.  

 

La neige virevolte en flocons de dentelle

Et brise le silence d’une larme mortelle

Arrachée à la peur de périr sans raison.

 

Le sable se confond avec l’eau de la pluie

Et se mêle au parfum d’un abricot de suie

Dont la saveur se noie au bord de l’horizon.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016@Shortédition

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3 décembre 2016 6 03 /12 /décembre /2016 21:23
Antienne de soie rouge

Des voix d’anges en feu coulent de la muraille

Où se dessine un mot dont les lettres de sel

Blanchissent le silence à l’enclos d’un chancel

Rougi par des vitraux aux couleurs en broussaille.

 

Quelques fils de lumière ourlent sur la grisaille

Une toile de pluie aux pages d’un missel

Que l’écho d’une voûte accusé de recel

Répand sur les pavés comme de la ferraille.

 

Une mare de lune amarrée aux bougeoirs

Emplit l’argent bleuté de précieux drageoirs

Que des mains de saphir tendent vers l’empyrée.

 

Ce sont des éclats d’or et des bouts de cristal

Qui tintent dans la nuit dont l’arche soupirée

Recouvre l’oraison d’un voile de santal.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016@Shortédition

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27 novembre 2016 7 27 /11 /novembre /2016 20:49
Tintinnabulements d'étoiles

L’âme se trouble encore et le cœur se flétrit

Lorsque d’un dé d’argent surgit un flot d’argile

Sous le souffle brûlant d’un échanson agile

Que des fourches de vent griment d’un air contrit.

 

La langue ensorcelée à chaque mot flétrit

Comme une fleur de sang qu’une longue vigile

Eteint à chaque instant au cœur d’un évangile

Partagé par la nuit que le destin pétrit.

 

Une femme enchaînée aux larmes de la lune

Glisse entre les roseaux qui recouvrent la dune

D’un velours de soie blanche et d’un éclat de grès.

 

Puisant alors l’écume aux rives du mensonge

Le vaisseau de la mort jette tous ses agrès

Dans le lac d’un sommeil où se consume un songe.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016@Shortédition

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26 novembre 2016 6 26 /11 /novembre /2016 21:59
Follicules de sable

Une dentelle d’or cousue au bord du Tage

Flotte comme un parfum dont le puissant poison

Enivre le sommeil d’un rêve de toison

Et du cruel espoir d’un puissant héritage.

 

Des bribes de soleil viennent au sauvetage

Des quelques mandarins taxés de trahison

Pour avoir mélangé les couleurs de saison

Aux effluves d’un miel brouillé dans un breuvage.

 

Par-delà la raison des astres inconnus

Traversent le granit de ces épis grenus

Jetés dans les brasiers d’un éternel silence.

 

Le partage des mots qui recouvrent la peau

Se fait alors sans loi sous le dais d’un drapeau

Qu’une dame gantée évente avec prestance.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016@Shortédition

 

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16 novembre 2016 3 16 /11 /novembre /2016 22:05
Calligraphie du temps

La moire de la nuit couvre de son turban

Les mèches d’une lune à la beauté rougie

Par un rayon de miel qu’une lente bougie

Poudre de la douceur d’un bleuâtre oliban.

 

Le mystère du ciel déroule le ruban

D’une étoile effacée en un tour de magie

Par des êtres chassés de la mythologie

Hors des tiroirs secrets d’un antique scriban.

 

Des perles de colliers roulent sur la banquise

Comme des fleurs de sel en robe de marquise

Que le satin du jour embrase de couleurs.

 

Par touches de silence une larme de menthe

Coule enfin sur la mer que le soleil pigmente

D’une foule d’oiseaux et de mille voleurs.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016@Shortédition

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15 novembre 2016 2 15 /11 /novembre /2016 22:11
Ciselure de roche

Comme se brise l’or sur l’arche de l’enclume

Ainsi s’ouvre le marbre au souffle du sculpteur

Dont les doigts de satin arrachent au conteur

Des mots escamotés de l’encre et de la plume.

 

Pour quelques brins de blé balayés par l’écume

La pierre se mélange à la peau d’un lutteur

Affrontant le  regard d’un fier gladiateur

Naissant de la lumière et d’un voile de brume.

 

La bouche s’ouvre au vent et les yeux au soleil

Sous le ciseau cinglant d’une main créatrice

Où se fige du sang aux éclats de vermeil.

 

Puis c’est l’éternité qui touche d’un éclair

L’image d’un instant sans une cicatrice

Qui traverse le temps dans un écrin de chair.

 

 Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016@Shortédition 

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7 novembre 2016 1 07 /11 /novembre /2016 21:55
Mascarade

Sous un voile de paille aux reflets de corail

Des mèches en fil d’or fondent au crépuscule

Comme des feux follets dont le souffle recule

L’instant où s’éteindra la couleur du vitrail.

 

Des dentelles de vent la robe en éventail

Recueillent le silence aux lacs d’un réticule

Que le chanvre du temps de son long tentacule

Attache aux serpentins d’un lointain soupirail.

 

Des mailles d’un brouillard parfumé d’églantine

S’échappent en soupirs des gouttes de platine

Qui coulent lentement sur du bois de santal.

 

Puis poussés par la pluie en longue farandole

Des nuages forgés dans des draps  de cristal

Emmitouflent la nuit d’un rostre de gondole.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016@Shortédition

 

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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 21:50
Voyage au coeur d'une âme en flamme

Enroulant l’univers dans un linceul de jade

La nuit verse de l’or sur les yeux d’un enfant

Qui rêve de désert, de fée ou d’éléphant

A bord d’un lourd berceau qui traverse la rade.

 

Des langues de cristal prennent en embuscade

Un nuage habillé d’un corsage bouffant

Et soufflent sur son cœur au bout d’un olifant

De l’ivoire marbré d’un parfum d’orangeade.

 

Des granules de temps roulent sur un glacier

Dont les grappes de sang sous une peau d’acier

Embrasent l’horizon comme un feu de Bengale.

 

Puis une main gantée entrouvre le grenier

Où dort depuis longtemps le fils d’un chiffonnier

Qui cueille le soleil au fond d’une timbale.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016@Shortédition

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29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 21:11
Feutre d'orgue

 

Des cristaux de bruits sourds bouillis dans du buvard

Brouillent à leurs soupirs les fils d’une aube blanche

Que des pages de neige au flot d’une avalanche

Ont tissée en trichant comme un pivert bavard.

 

Sous le feuillage en flamme au bord d’un boulevard

Un passant sans soucis dont le corps se déhanche

Pousse au bout de ses pas un désir de revanche

Que grise le fumet d’un exquis samovar.

 

Les flocons cendrés d’or d’une cape en hermine

Poudrent le ciel glacé de leur sel d’étamine

Et viennent se poser sur les lèvres du soir.

 

Un page aux yeux de faon referme alors la cosse

Où s’engouffre le temps sous le regard féroce

D’une larme d’argent brodée à l’encensoir.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016@Shortédition

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6 septembre 2016 2 06 /09 /septembre /2016 21:36
Miasmes de menthe

Sous le marbre taché d’un souffle de vapeur

Repose un chemin creux qui s’enfonce dans l’âtre

D’un gouffre de couleurs dont les reflets d’albâtre

Vacillent en silence au grès d’un ru trompeur.

 

Des volutes de soufre aux langues de torpeur

Offrent des paradis dont la terre verdâtre

Tremble comme du sel sur des bouches de plâtre

Ouvertes à la soif dans un cri de stupeur.

 

Une ombre en laine blanche évente une infamie

Rabougrissant le temps par une épidémie

De mots souillés de sang et de vulgarité.

 

Or dans des pots de fer on peut voir la mélasse

Ebouillanter la peau de notre humanité

En étouffant nos cris d’un morceau de filasse.

 

 Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016

 

 

 

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28 août 2016 7 28 /08 /août /2016 19:46
Ballade des âmes en errance

Chaque grain de silence est un antre à blessure

Où se blottit du sang sous la pierre d’un sein

Que les griffes du temps comme un lâche assassin

Marquent du sceau brûlant d’une ample bouffissure.

 

L’orgueil cache les crocs de cette moisissure

Qui couvre le regard plongé dans un bassin

Dès que le pas feutré d’un brutal fantassin

Réveille la douleur et sa lente morsure.

 

Des lèvres de mercure enfoncent un baiser

Dans le marbre ciré d’un mensonge à briser

En mille éclats de voix et de tessons de cendre.

 

Le voile de la peur se déchire pourtant

Et finit par brûler sous le cri exhortant

Des hommes prisonniers du bois de palissandre.

 

 Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016@Shortédition

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21 août 2016 7 21 /08 /août /2016 21:01
Initiatique songe

Une flasque d’ivoire aux lèvres de vermeil

Brille comme une étoile au cœur d’un mausolée

Dont les parois de sel ouvrent une vallée

Où mûrissent les fruits d’un éternel sommeil.

 

Dans une vasque d’or les larmes du soleil

Couvrent de leur parfum le marbre d’une allée

Qui abrite l’ibis à la plume ocellée

Et le sphinx de granit à l’aube de l’éveil.

 

Le temps fuit de la lune enchaînée au pentacle

Que dessine un enfant sous les yeux d’un oracle  

Aux sept bouches d’argent incrusté de cristal.

 

Sur la barque sacrée une flamme chancelle

Aux bourrasques d’un vent dont l’encens ensorcelle

Les brigands d’un empire aux portes de métal.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016@Shortédition

 

 

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20 août 2016 6 20 /08 /août /2016 20:01
Froissement de soierie

Sous le miroir fané d’une vitre en voyage

Le regard ébloui par la neige en satin

Qui faufile la nuit d’un geste clandestin

Glisse comme un frisson jailli du paysage.

 

Des volutes de mots s’échappent d’une cage

Où brûle encore un peu le sommeil du matin

Dont la lande a mouillé le merveilleux butin

D’une larme de joie et d’un parfum d’orage.

 

Le monde se mélange au souffle d’un sifflet

Qui traverse les cœurs d’un soupir de soufflet

Démêlant un vitrail de sa fibre de songe.

 

Puis les âmes s’en vont contempler le brouillard

Travestir une étoile en un morceau d’éponge

Pour ravir l’avenir des serres d’un vieillard.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016@Shortédition

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13 août 2016 6 13 /08 /août /2016 20:19
Paradisiaque instinct

Le sable de la dune et son sang de cristaux

Mouillent l’or du soleil prisonnier en surface

D’une rivière pourpre où des griffes de glace

Retouchent les couleurs de reflets végétaux.

 

Une brume de sel alourdi de métaux

Repose sur la mer comme un puissant rapace

Enchaîné par un corps dont la douceur efface

Des flocons de nuage et des bruits de vantaux.

 

Une mouette en cire avale le silence

Eclaboussant le port de sa simple opulence

Puis se fond au mystère en plein avènement.

 

Des femmes puisent l’eau parfumée à l’amande

D’un ciel baigné de cendre et par enchantement

Tissent à son flambeau des rides de guirlande.

 

Francis Etienne Sicard Lundquist ©2016@Shortédition

 

 

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  • Lettres de soie rouge
  •  Ce blog a pour but d'exposer des pages de poésie, ornées de textes, d'images et de mélodies, pages écrites au fil des jours et, de rassembler des fragments de lumière comme à travers les cristaux d'un kaléidoscope. Il est ma première étude
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