Samedi 26 mai 2012
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Georges Faget - Bénard - huile sur toile - 1995 link
Un orgue de satin à l’odeur d’églantine
Fredonne à son ivoire un motet ogival
Que des ombres de soie aux embruns de cristal
Touchent de leur clarté comme un fil d’étamine.
Pas un souffle de ciel n’attise la courtine
Dont le velours ourlé d’organdi oriental
Se gonfle d’un reflet rembruni de santal
Où se creuse l’envers d’une bouche mutine.
Qui tente de son jeu le diable immaculé
Sous un linceul de neige à peine simulé
Oubliant que l'orgueil n’est qu’un pli de la charte ?
Est-ce un prince enrichi par un peu de hasard
Ou le simple soupir d’un immortel regard
Qui repousse le temps aux lèvres d’une carte ?
Francis Etienne Sicard Lundquist ©2012
Par Lettres de soie rouge
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Vendredi 25 mai 2012
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JiPèl - Quatre pommes - link
Sur un crépon de mousse aux ombres de nougat
Quatre bouches de fruit offrent leur chair de cire
Aux lèvres d’un regard dont le désir conspire
Au plaisir de croquer ce sucre d’incarnat.
Il fond dans le palais un parfum de muscat
Qui grise avec délice un soupçon de sourire
Prêt à frôler la peau sans pouvoir s’interdire
De frotter son ivoire au vernis d’un grenat.
Immobile et suave une once de lumière
Trahit de son joyau le toit d’une verrière
Où mûrissent l’hiver les couleurs d’un pinceau.
Puis des touches de miel glacent de leur cerise
La poudre d’un instant dont le pulpeux copeau
Se fane comme un gant effeuillé par la brise.
Francis Etienne Sicard Lundquist ©2012
Par Lettres de soie rouge
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Jeudi 24 mai 2012
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JiPèl - nature morte au coureau - link
La fétide lumière aux relents de verveine
D’un paquet de cristal taillé dans un soupir
Traverse le silence où l’or semble croupir
En épuisant le temps au frisson d’une veine.
La cendre d’un brouillard que le jour souffle à peine
Ride de son plumage un verre à rechampir
D’un trait rouge de sang juste pour assoupir
La chair d’une dentelle arrachée à la reine.
Les ombres de poussière et leurs plis de lin pur
Repousse les couleurs vers le flot de l’azur
Dont les vagues de neige abolissent l’arcane.
Et pourtant des sanglots dévoilent au regard
Des rivières de draps froissés par le hasard
Brisant à leur douleur des pans de barbacane.
Francis Etienne Sicard Lundquist ©2012
Par Lettres de soie rouge
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Mercredi 23 mai 2012
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Le Pont Neuf de Brassaï - JiPèl - link
Aux larmes du silence ils arrachent parfois
Des graines de douleur ou des cristaux de sable,
Mais ils n’effacent pas les caresses du diable
Que le feu du soleil tire de son carquois.
De leurs griffes de fer que cachent leurs pavois
Ils lacèrent les yeux et d’un geste inflammable
Divisent l’univers en partie insondable
Comme si le chagrin était un fruit des bois.
Quand souffle un vent de mer ils mouillent la détresse
D’une brume empesée au parfum de l’ivresse
Et rouillent les défunts d’une peau de serpent.
Puis ils rentrent dans l’ombre où se tapit la vase
D’un mausolée acquis au bout de cette phrase
Dont déjà chaque mot a perdu son accent.
Francis Etienne Sicard Lundquist ©2012
Par Lettres de soie rouge
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Lundi 21 mai 2012
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Des dentelles de nuit fondant de confiture
Coulent comme des fruits blottis dans un buisson
Dont le velours de soie éventé d’un frisson
Glisse comme une peau friande d’aventure.
Le souvenir exquis d’une ombre d’écriture
Effleure le parfum d’une riche moisson
Où se mêle parfois le tréma d’un basson
Qu’un nuage de mousse accuse d’imposture.
Ce sont des anges d’or qui tissent le satin
D’une horloge échouée aux lèvres d’un matin
Entrevu par instant sur le sein d’une étoile.
Et si dans le soupir d’une fleur de pavot
Le temps plonge son corps sans aucun autre voile
Que celui de l’instinct, c’est pour boire un sanglot.
Francis Etienne Sicard Lundquist ©2012
Par Lettres de soie rouge
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